Olga Wormser-Migot

Élements biographiques

Olga Wormser-Migot,  La déportation (1964)

“ Alors, Emil avait inscrit sur la liste, à côté de quelques criminels de droit commun, qui étaient volontaires, un déporté de son block, un Alsacien mobilisé de force dans la Wehrmacht, déserteur, et détenu pour ce fait. Il l'avait inscrit sans rien lui en dire, bien sûr, se prévalant de son autorité de chef de block. Il avait envoyé cet Alsacien à la mort, ou au désespoir, il avait fait de ce jeune Alsacien un homme perdu à tout jamais, même
s'il s'en sortait vivant, un homme qui n'aurait plus jamais confiance en rien, un homme perdu pour toute espérance humaine.
”
Source : Gallica

Olga Wormser-Migot,  La déportation (1964)

“ Jamais un homme n'avait réalisé un aussi brutal et subit anéantissement de toutes les valeurs sur lesquelles son existence lui paraissait établie : droit de vie, respect de la personne humaine.
Puisque aux yeux des Allemands le régime concentrationnaire était fondé sur la nécessité pour le régime hitlérien de se protéger, de se garantir de ses ennemis, il convenait donc de retrancher de l'humanité tous les éléments néfastes au régime.
”
Source : Gallica

Olga Wormser-Migot,  La déportation (1964)

“ A gauche, trois portes basses donnent sur le dortoir. Long de trente deux mètres et large de dix-huit, c'est la salle la plus grande du block, c'est aussi la plus froide et la plus sordide, le sol est de terre battue, mal aplani, les murs de pierre nue, que l'humidité salpêtre, s'élèvent sur dix mètres jusqu'au toit où s'accrochent en nuages les toiles d'araignées.
Un jour crépusculaire tombe des fenêtres trop hautes, et la poussière atténue encore la visibilité.
”
Source : Gallica

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