“ Ses troupes ont reculé d’abord sous la poussée des armées soviétiques à l’est, puis devant les attaques anglo-américaines à l’ouest. Après une campagne mémorable qui a amené les Alliés à se rejoindre au cœur de l’Allemagne, le long des rives de l’Elbe, la Wehrmacht qui avait représenté à un moment donné la formation la plus puissante qu’on ait jamais connue, a dû s’avouer vaincue. Tronçonnée, brisée, en grande partie prisonnière, elle a été anéantie comme jamais ne le fut aucune armée au monde. ”
Wehrmacht
Définition et enjeux
Citations sur “Wehrmacht”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ La Wehrmacht y perdra plus d'un millier des siens, tués ou blessés. Elle s'en vengera sur la population civile, mettant le feu aux villages, massacrant les prisonniers. Le chef passe donc le commandement à un jeune officier de vingt-huit ans, le lieutenant Théodore Morel, que ses hommes ne connaîtront bientôt plus que sous son nom de guerre — Tom — et qui va se révéler comme l'un des conducteurs d'hommes les plus prestigieux de cette époque héroïque et s'identifier, jusque dans la mort, avec la cause qu'il a embrassée. ”
“ La résistance opposée en 1941 et 1942 aux formidables attaques de la Wehrmacht, la reprise de l’offensive au cours de l’hiver de 1942-43 aboutissant au désastre allemand de Stalingrad et à la reddition de l’armée Paulus, donnent raison à ceux qui, faisant par avance le compte des forces que les Alliés pourraient opposer à l’Allemagne en cas de conflagration, attachaient aux armées soviétiques une valeur réelle. ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ Au point que les paysans eux-mêmes, si bienveillants jusque-là, n'osent plus ouvrir leurs portes aux rescapés du Plateau qui errent dans la campagne, cherchant refuge dans les forêts, traqués, misérables, la faim au ventre et le cerveau taraudé par l'angoisse. La besogne de la Wehrmacht est pratiquement terminée. La Gestapo va entreprendre la sienne, avec la collaboration de ses auxiliaires de la Milice et du S.P.A.C. qui s'en donnent à cœur joie et se vengent ainsi sadiquement des défaites que leur ont infligées les maquisards. ”
Les services statistiques français pendant l’Occupation2000, Robert Carmille
“ En novembre 1942, la Wehrmacht et la Gestapo ont envahi la zone Sud et l’Armée d’Armistice a été désarmée sans combattre. Cet important travail de préparation de mobilisation clandestine n’a pu jouer le rôle qui lui avait été attribué, mais une partie importante a été conservée, utilisée, rendant parfois des services appréciés. ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ L es officiers allemands sont visiblement déconcertés par cette résistance inattendue. Les « terroristes » se battent, décidément, comme de vrais soldats. Ils font preuve d'une détermination, d'un mordant surprenants. Si nombre d'entre eux ont été mis hors de combat, bien plus nombreux sont les hommes de la Wehrmacht couchés sur la neige, inertes, drapés dans leur houppelande blanche, et qui interrogent le ciel de leurs yeux vitreux. La tactique du mouvement enveloppant, désormais classique dans l'armée allemande, s'est révé- lée encore une fois efficace. ”
"Évasions" (1946)
“ Ceux qui avaient pu s 'enfuir vers l'Angleterre devaient revenir en Allemagne en vainqueurs, à moins qu' ils n 'aient été tués lors des batailles qui firent parcourir, aux armées alliées, l 'Afrique du Nord, l'Italie et enfin l'Allemagne. La Wehrmacht fera des prisonniers jusqu'au 26 juin. Ce que tous les Français doivent comprendre c'est qu'Hitler voulait de la main-d'œuvre. Il la trouva en 1940, avec les deux millions de militaires français. Les besoins en hommes se faisant sentir, il fait appel aux volontaires, puis au S. T. O. et pratique la déportation. ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ Les pourparlers ne se prolongent guère. Du côté français, on exige la reddition inconditionnelle. Vaincus, les Allemands s'inclinent. Désarmés, les trois mille cinq cents militaires de la Wehrmacht stationnés encore dans le département sont, désormais, prisonniers de la Résistance et dirigés sur des camps administrés par les anciens maquisards. La Haute-Savoie, qui a connu le premier combat de l'Armée secrète contre la Wehrmacht, est aussi le premier département français qui se soit com- plètement libéré de l'occupation allemande par ses propres moyens. ”
Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora… (1977)
“ La reddition de Weimar s'est effectuée à Niedergrundstedt. La ville ressemblait étrangement à un bouquet de mariée : tout ce qui était blanc aux fenêtres, en guise de drapeaux blancs. Ce qui restait de la Wehrmacht filait vers l'Ouest, en jetant ses armes et poussant des landaus de bébé chargés à ras bords de victuailles. Les bustes du Führer dans les ruisseaux et le Mein Kampf aux ch... 1940 en France était un défilé organisé, à côté de ce spectacle. ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ Écumant de rage après les pertes qu'il a subies sur le Plateau — plus de trois cents hommes de la Wehrmacht contre deux cents maquisards hors de combat —, le commandement allemand organise dans toute la région une véritable chasse à l'homme. Tout autour du massif des Glières, des patrouilles circulent en tous sens, chargées de surveiller les points de passage. De place en place, des nids de mitrailleuses sont installés, canons braqués sur la montagne. Dans chaque buisson, des Allemands sont postés qui fouillent à la jumelle tous les recoins des bois. ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ Une voiture de la Wehrmacht est justement signalée à l'entrée du bourg. Suivis de deux maquisards, Morel et Anjot courent à l'attaque. Une lutte féroce s'engage, au cours de laquelle Tom constate que son pistolet s'est soudain enrayé. Un Allemand se dresse, qui va tirer. Le jeune lieutenant bondit, terrasse son adversaire, roule avec lui sur le sol et tente de lui arracher son arme. Mais l'homme est robuste, entraîné aux disciplines du corps à corps. Il prend le dessus. La vie de Morel ne tient plus, désormais, qu'à une fraction de seconde. ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ Le maquis déplore, pour sa part, un homme tué, le chef « Mimile » et trois blessés. Dans la nuit du 13 au 14, la compagnie Joubert et le corps franc de Raymond se portent sur la route d'Annecy à Aix-les-Bains, avec mission d'interdire aux troupes de la Wehrmacht la sortie du département. C'est la bataille de Balmont qui se poursuit pendant trois jours et où les grenades, les fusils antichars, les bazookas sont utilisés contre les véhicules tandis que les F.M. et les mitrailleuses dispersent les hommes désemparés. C'est en vain que leurs chefs tentent de les reprendre en main. ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ Ce soir du 18 août est précisément celui que la Gestapo a choisi pour en finir avec les derniers maquisards des Glières. Des camions sont attendus qui doivent les charger pour les emmener en rase campagne, où ils seront massacrés. A 21 heures, des ronflements de moteurs se rapprochent, en effet. Mais au lieu des véhicules de la Wehrmacht, ce sont des voitures pleines de partisans qui forcent les portes de la prison. Ceux qui en descendent ne sont pas disposés à parlementer. Les mitraillettes braquées neutralisent les gardiens. ”
France. Commission de publication des documents relatifs aux origines de la guerre 1939-1945, Documents diplomatiques français… (2005)
“ La France ira jusqu’à ce système d’armée de milices, si l’Allemagne supprime sa Reichswehr et n’a elle-même qu’une milice. La défense d’un pays ne réside pas seulement dans ses soldats et ses canons, elle réside aussi dans l’excellence de sa position juridique. Le général Weygand : Je suppose que l’Allemagne accepte le plan proposé. Nous savons parfaitement qu’elle éludera ses engagements. Il nous faut donc une marge de sécurité. Quelle est cette marge? Est-elle constituée par le plan Benès? Nous ne le savons pas. ”
France. Commission de publication des documents relatifs aux origines de la guerre 1939-1945, Documents diplomatiques français… (2005)
“ Le général Weygand : Ce que désire l’Allemagne c’est d’avoir des hommes instruits. Si nous réussissons à obtenir la suppression de la Reichswehr, il lui restera sa police et elle saura l’aménager de manière à atteindre ce but. Au demeurant, quoi qu’on fasse, je ne puis croire à la sincérité de l’Allemagne. ”
Ernest Denis,
L'Allemagne et la paix (4e éd.…
(1918)
“ Vous envoyez à l'armée, sans les avoir consultés, contre leur voeu le plus manifeste, des Polonais ou des Alsaciens ; ils obéissent, parce que les canons et les mitrailleuses sont des raisons auxquelles on ne résiste guère ; et parce que, sur les champs de bataille où vous les avez entraînés à leur corps défendant, les balles et les obus ne les épargnent pas, vous en concluez qu'ils sont dévoués à l'Allemagne ! — Et les régiments tchécoslovaques ou roumains qui se sont révoltés ! les déserteurs qui, par dizaines et centaines de mille, ont passé à l'ennemi ! ”
Général Buat, Revue des Deux Mondes
“ Encore, pour admirer sans réserves, serait-on curieux de savoir jusqu’à quel point les Allemands ont été servis par la puissante faction qu’ils ont toujours eue à leurs gages dans les cercles dirigeants de Russie, et de connaître les embarras inouïs dans lesquels se sont débattus nos alliés, — par imprévoyance antérieure et insouciance du moment, il faut le dire, — notamment au point de vue de l’armement de l’infanterie et du matériel d’artillerie. ”
“ Notre armée est aguerrie, elle a confiance en ses chefs, qui sont doués de capacités hors ligne et animés du patriotisme le plus pur; l'armement de notre infanterie est excellent; nous possédons des mitrailleuses qui doivent faucher les bataillons ennemis comme la faulx des moissonneurs, au mois d'août, jette sur le sol les épis mûrs. Nous avons sur le Rhin des canonnières qui doivent remonter le fleuve, et réduire en cendres les villes qui s'élèvent sur ses rives, Koblenz, Cologne, etc. Notre flotte doit bombarder et ruiner à jamais les villes du littoral allemand, de Hambourg à Danzig. ”
Auteur : Général Mailleterre, Revue des Deux Mondes
“ Il faut des canons de tous calibres, des mitrailleuses, des grenades, des engins de tranchées, des projecteurs, des explosifs, des armes, des munitions, en quantités de plus en plus extraordinaires. Car l’usine de guerre allemande prend des proportions formidables. Le plan de l’Allemagne a été déçu, enrayé, mais elle le poursuit avec une âpreté croissante, elle entraîne dans la lutte d’autres Etats, pour ou contre elle. Ses offensives répétées sur le front oriental donnent la mesure de la puissance de sa production matérielle et du sens impitoyable qu’elle veut donner à la lutte. ”
Eustace Clare Grenville Murray, Les Allemands chez les Allemands… (1880)
“ La loi militaire allemande est simple : elle oblige tout homme à servir trois ans dans l'armée active, à passer quatre ans dans la réserve, puis cinq ans dans la landwehr et à entrer ensuite dans la landsturm où il reste aussi longtemps qu'il est apte à porter les armes, sans qu'on puisse, toutefois, l'appeler sous les drapeaux dans d'autres circonstances que celles d'une invasion. Le contingent annuel pour lequel le parlement vote des crédits, est d'environ 144,000 hommes. ”
Émile Corsin, Dictionnaire des connaissances générales utiles à la gendarmerie… (1897)
“ La dernière loi votée en Allemagne a fixé l'effectif de paix de l'armée à 597.000 hommes, y compris les officiers et les volontaires d'un an. A partir du 1er avril 1897, l'armée allemande se composera de 624 bataillons d'infanterie, 465 escadrons de cavalerie, 494 batteries de campagne, 37 bataillons d'artillerie à pied, 23 bataillons de pionniers, 7 bataillons de troupes de chemins de fer, 21 bataillons du train. — Avec les augmentations votées par la dernière loi, l'Allemagne peut disposer d'environ quatre millions d'hommes instruits et mobilisables. ”
Les Cavaleries étrangères. La cavalerie allemande… (1892)
“ La préparation à la guerre d'une armée qui encadre toute la population valide d'une nation, est une oeuvre tellement colossale qu'on ne peut songer à la mener à bien autrement que par la division du travail. Cette vérité, qui a la force d'un axiome, a déterminé l'Allemagne à décentraliser son armée en donnant à chaque corps d'armée un territoire qu'il occupe d'une façon permanente et d'où il tire son effectif. ”
Charles Grad,
Revue des Deux Mondes
“ Sans pareil dans l’histoire, cet exode de toute la nation allemande en armes doit prendre des proportions formidables. Pour le nombre de soldats mis sur pied, pour la rapidité de la mobilisation et de la concentration, les guerres des derniers siècles n’ont rien eu de comparable. Être prêt à tout moment, prendre l’offensive avec toutes les forces disponibles, porter l’attaque sur le territoire ennemi comme un coup de foudre, voilà la note dominante des plans de campagne de l’avenir prochain, telle est la pensée inspiratrice des armemens en œuvre sous nos yeux. ”
F. de Rougemont, L’Armée prussienne en 1870
“ La difficulté était de concilier les complications résultant de ces exemptions avec les exigences du service dans un pays aussi centralisé que la Prusse. Heureusement la landwehr permet d’utiliser chacun des élémens dont l’ensemble doit constituer la force du pays. Cette institution n’est pas seulement une immense réserve d’anciens soldats et un vaste dépôt, elle est aussi un moyen de contrôle, de recrutement, et c’est par elle que l’état procède avec une sûreté infaillible au triage des hommes qu’il juge utile de ne pas appeler dans l’armée active. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Devenu partout obligatoire, le service dans l’armée nous est imposé, à tous, jusqu’à l’âge de 45 ans ; il en est, parmi nous, qui sont déjà grands-pères. L’Allemagne, qui possédait le plus formidable armement qu’on eût encore connu, vient, cette année même, d’augmenter ses effectifs dans une notable proportion, serrant les mailles de son organisation, de façon que nul ne puisse se soustraire au devoir de prendre son rang sous les drapeaux. Que pense-t-on en Allemagne de la paix que M. de Bismarck, en descendant du pouvoir, a léguée à l’Europe ? ”
Général H Langlois, Revue des Deux Mondes
“ Si l’offensive de l’ennemi se produit pendant cette période, quels seront les effectifs des unités allemandes ? On a dit : en Allemagne, pour l’infanterie, l’artillerie montée et le train, armes dans lesquelles la durée du service est de deux ans, comme chez nous, la situation, pendant la période considérée est la même qu’en France : il n’y a qu’une classe instruite à l’effectif. Mais on oublie que les compagnies et batteries, en dehors des appelés, comptent un effectif permanent de rengagés supérieur à celui que nous avons. ”
Edgar Rodrigues, Le casque prussien : souvenirs anecdotiques de la guerre 1870-1871 (1871)
“ L'Allemagne disposait encore d'assez considérables forces pour amplement suffire à la tâche trop facile, avouons-le, de combattre ces armées improvisées, nullement aguerries, mal pourvues et encore plus mal équipées, s'il faut en croire les scandaleux et récents procès des fournitures d'armes et de munitions qui nous ont montré l'infériorité réelle, et bien reconnue par nos ennemis eux-mêmes, des troupes levées en province! ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ L’armée allemande, disait-on, est, de toutes les armées de l’Europe, la plus puissante par le nombre et l’armement autant que par son organisation ; c’est donc la guerre que l’on prévoit, que l’on veut à date prochaine ! ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Quelque dextérité qu’on mette en effet à grouper des chiffres, l’Allemagne, avec ses 538 bataillons, ses 465 escadrons, ses 434 batteries d’artillerie de campagne, a des effectifs de paix supérieurs à ceux de la France, destinés à monter, par le jeu des lois nouvelles, jusqu’à 600,000 hommes. ”
“ Ce n’est pas en vain que les généraux se montrent aux foules dans maintes cérémonies et y prononcent des discours violents. Ce n’est pas en vain que dans toute l’Allemagne se créent des sociétés régimentaires d’anciens combattants pour faire revivre les souvenirs de la Grande Guerre et de l’armée impériale. Ce n’est pas en vain que les autorités militaires officielles collaborent à ce mouvement en s’appliquant à rattacher, par le nom et les insignes, les compagnies, escadrons et batteries des régiments de la Reichswehr de 100 000 hommes aux régiments de l’ancien régime. ”
Gustave Desjardins, Tableau de la guerre des Allemands dans le département de Seine-et-Oise 1870-1871 (1873)
“ Suivant la tactique, par eux-mêmes indiquée, les Prussiens arrêtèrent l'effort de nos soldats avec le 5e corps, pendant que la division de la landwehr de la garde et le 2e corps bavarois opéraient un mouvement convergent, à gauche et à droite, et que l'artillerie du 4e corps couvrait de projectiles, sans l'arrêter cependant, l'aile droite de l'armée française. L'ennemi passa la nuit, l'arme au pied, dans les avenues de Versailles.La landwehr de la garde envahit de force les maisons du boulevard de la Reine et les dévasta. ”
