“ Au lendemain d’une guerre, la nation vaincue telle la France en 1871 n’a qu’un but, qu’une pensée : développer le sens national, cimenter l’union des citoyens autour du drapeau, reconstituer les forces militaires afin de pouvoir, si les circonstances s’y prêtent, effacer les traces de la défaite. Le peuple victorieux marque des tendances contraires. Il est porté à croire à la pérennité de ses succès. Il rêve d’une vie facile. Il s’abandonne. Les efforts, les sacrifices ne sont plus son fait. Ainsi est-il advenu de la France et de l’Allemagne après 1919. ”
Albert Lebrun
Résumé
Témoignage, rédigé par Albert Lebrun, ancien président de la République française, est un récit politique et historique qui examine les conséquences de la Seconde Guerre mondiale sur l’Europe. L’œuvre aborde les thèmes de la défaite, de la victoire, de la justice et de l’unité nationale, en mettant en évidence les responsabilités partagées par les pays vaincus et les Alliés.
À travers des réflexions sur l’agression nazie, l’armistice et la reconstruction, Lebrun souligne l’importance de la solidarité internationale et de la défense des droits des peuples. Ce texte, marqué par un ton pédagogique, insiste sur la nécessité d’une paix basée sur la justice et la coexistence pacifique.
Citations de Témoignage (Albert Lebrun)
“ La justice est ce que la délégation allemande demande et ce que cette délégation déclare qu’on a promis à l’Allemagne. La justice, l’Allemagne l’aura. Mais il faut que ce soit la justice pour tous. Il faut que ce soit la justice pour les morts, pour les blessés, pour les orphelins, pour tous ceux qui sont en deuil, afin que l’Europe soit affranchie du despotisme prussien. Il faut que justice soit rendue aux peuples qui chancellent aujourd’hui sous un fardeau de dettes de guerre s’élevant à plus de 30 milliards de livres sterling, et qu’ils ont accepté pour sauver la liberté. ”
“ Magnifique épopée où l’on ne sait ce qu’il faut admirer le plus du génie et de la hardiesse des chefs, de la vaillance et de l’intrépidité des hommes, de l’élan irrésistible des uns et des autres. Dans cet effort suprême, ils voulaient surtout assurer à la France sa juste part de la gloire qui allait échoir aux Alliés devant l’effondrement de l’Allemagne et la destruction de l’odieux régime nazi. Ils entendaient aussi effacer les douloureux souvenirs de la campagne de France de 1940 et rendre à nos drapeaux le droit de flotter librement dans une atmosphère de gloire et d’honneur. ”
