“ Au lendemain d’une guerre, la nation vaincue telle la France en 1871 n’a qu’un but, qu’une pensée : développer le sens national, cimenter l’union des citoyens autour du drapeau, reconstituer les forces militaires afin de pouvoir, si les circonstances s’y prêtent, effacer les traces de la défaite. Le peuple victorieux marque des tendances contraires. Il est porté à croire à la pérennité de ses succès. Il rêve d’une vie facile. Il s’abandonne. Les efforts, les sacrifices ne sont plus son fait. Ainsi est-il advenu de la France et de l’Allemagne après 1919. ”
Albert Lebrun
Élements biographiques
Albert Lebrun, homme d'État français et dernier président de la IIIe République (1932-1940), incarne une carrière marquée par l'alternance entre technocratie et pouvoir politique. Issu d'une famille lorraine, son parcours, mêlant ingénierie et engagement républicain, reflète une vision de la France tournée vers l'unité nationale et la modernisation.
Son œuvre majeure, Témoignage, explore les tensions entre justice collective et responsabilités individuelles, dénonçant l'impérialisme nazi et soulignant l'importance de la solidarité internationale. Son mandat, traversé par l'instabilité politique et la défaite de 1940, reste un tournant décisif dans l'histoire de la France contemporaine.
Citations de Albert Lebrun
“ La justice est ce que la délégation allemande demande et ce que cette délégation déclare qu’on a promis à l’Allemagne. La justice, l’Allemagne l’aura. Mais il faut que ce soit la justice pour tous. Il faut que ce soit la justice pour les morts, pour les blessés, pour les orphelins, pour tous ceux qui sont en deuil, afin que l’Europe soit affranchie du despotisme prussien. Il faut que justice soit rendue aux peuples qui chancellent aujourd’hui sous un fardeau de dettes de guerre s’élevant à plus de 30 milliards de livres sterling, et qu’ils ont accepté pour sauver la liberté. ”
“ Magnifique épopée où l’on ne sait ce qu’il faut admirer le plus du génie et de la hardiesse des chefs, de la vaillance et de l’intrépidité des hommes, de l’élan irrésistible des uns et des autres. Dans cet effort suprême, ils voulaient surtout assurer à la France sa juste part de la gloire qui allait échoir aux Alliés devant l’effondrement de l’Allemagne et la destruction de l’odieux régime nazi. Ils entendaient aussi effacer les douloureux souvenirs de la campagne de France de 1940 et rendre à nos drapeaux le droit de flotter librement dans une atmosphère de gloire et d’honneur. ”
