“ La Chartreuse domine la route de Mayence, le Petersberg garde la route de Trêves et de Cologne, l’Ehrenbreistein surveille le Rhin et la route de Nassau. Comme paysage, Coblenz est peut-être trop vantée, surtout si on là compare à d’autres villes du Rhin que personne ne visite et dont personne ne parle. Ehrenbreistein, jadis belle et colossale ruine, est maintenant une glaciale et morne citadelle qui couronne platement Un magnifique rocher. Les vraies couronnes des montagnes, c’étaient les anciennes forteresses. Chaque tour était un fleuron. ”
Citations sur “Koblenz”
Charles-François Dumouriez,
De la République . Suite du Coup d'oeil politique sur l'avenir de la France…
(1796)
“ Il n'y a de vrayes barrières que des places fortes et la bonne volonté des Peuples. Tout le pays entre le Rhin et la Sarre, de la Mozelle à Landau, est ouvert et sans places fortes. Il n'y a pas une seule place entre Coblenz et Trèves pour défendre la Mozelle. Trêvesn'est pas. fort, et placé sur la rive droite, il est contre la défensive de cette rivière. Coblenz situé de même, est en-outre soumis à Ehrenbreitstein. La prise de ce chateau que les Français ont trop négligée était ou l'assurance, ou la ruine du projet du siège de Mayence. ”
Théophile Gautier,
Loin de Paris
“ En face de Coblence se dresse Ehrenbreitstein, vaste château fort, occupant tout le sommet de la montagne et regardant la Moselle s’épancher dans le Rhin. Coblence a l’aspect de toutes les villes qu’on voit du milieu d’un fleuve : un quai, des lignes de maisons que dépassent les clochers des églises. Les enseignes de ses hôtels semblent avoir conservé, par leurs emblèmes monarchiques, quelque souvenir de l’émigration française. À partir de Coblence, les montagnes s’aplanissent, et les burgs, manquant de rochers, s’espacent. On en voit encore cependant quelques-uns. ”
Alfred Assollant,
Deux amis en 1792
(1879)
“ Ce voyage, dit-elle, mon cher marquis, n'aurait rien d'extraordinaire. Un homme de votre naissance a mille raisons d'aller à Coblentz. C'est une jolie ville, et le vin des coteaux de la Moselle est un excellent vin. Enfin, à vos moments perdus, vous pouvez faire votre cour aux princes et vous ménager, quand ils auront écrasé du pied la révolte, un appui dans le nouveau gouvernement. Sincèrement, Roland, vous ferez fort bien de passer quelques jours à Coblentz. ”
Jacques Fricasse, Journal de marche d'un volontaire de 1792
“ La ville de Coblentz est grande et très peuplée; il y a beaucoup de rues très larges, mais aussi il y en a où les voitures ne peuvent pas passer; il y a de belles places et principalement la place d'Armes, entourée de bornes de pierre avec de grosses chaînes de fer. ”
Georges Goyau,
Revue des Deux Mondes
“ Les sœurs de Saint-Charles de Nancy répondirent à son appel : huit d’entre elles se détachèrent du tronc lorrain, et Coblenz fut l’une des premières villes étrangères où la France catholique, relevée des ruines révolutionnaires, dépensa quelque chose de son cœur. ”
Alfred Driou, Pérégrinations en Suisse, en Savoie… (1880)
“ En 1814, Coblentz, appartenant à la France, devint le cheflieu du département de Rhin-et-Moselle. Mais, en 1815, elle fut rendue à la Prusse. La vieille cité, malgré quelques rues fort irrégulières et qui attestent leur antiquité par de vénérables maisons aux façades grimaçantes et aux rides éparses, ne laisse pas d'offrir un coup d'œil qui plaît aux regards. Il est une des artères principales qui est pleine de mouvement et de vie : c'est la grande voie qui, partant du Rhin, va joindre le pont très curieux qui chevauche sur la Moselle ! ”
Jules Claretie,
Voyages d'un Parisien, par Jules Claretie…
(1865)
“ De Wiesbaden , le chemin le plus agréable pour se rendre à Coblenz est le Rhin . On prend le bateau à Bieberich , et il vous transporte à Coblenz en moins de quatre heures . Le voyage par eau est un double voyage ; on fait route avec le fleuve môme , et , dirait Pascal , le chemin marche avec vous ! On s' embarque à peu près devant le château du grand-duc de Nassau , au fronton duquel flotte le drapeau grand-ducal . Le bateau part , la vapeur siffle , on regarde , et les plus étonnants paysages défilent comme une lanterne magique . ”
Charles-Julien Jeannel, De Dijon à Brême : 1870-1871 (1871)
“ Coblentz est une place militaire de premier ordre ; elle commande le confluent qui lui a donné son nom. Outre les remparts, trois ou quatre gros forts la dominent et la défendent. Aussi nous y voyons des soldats en foule, des chevaux, des canons, une bonne part de l'armée de réserve échc- lonnée partout sur le Rhin de Cologne à Bâle : deux cent mille hommes encore prêts à entrer en France si nous ne signons pas demain les conditions indiscutables de M. von Bismark. Les prisonniers français en foule souffrent les humiliations, plus cruelles que les privations. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ A partir de Coblenz, on se plaignait des contrées montueuses, des chemins pénibles et de diverses souffrances, et, après s’être quelque peu oublié dans le passé, on approchait toujours plus de la réalité ; l’entrée en France, par un temps effroyable, fut présentée sous les plus tristes couleurs et comme un digne prélude de la situation que nous pouvions prévoir en retournant au camp. Toutefois, dans une pareille société, on s’encourage l’un l’autre ”
Albert d' Aire, Pèlerinage aux champs de bataille de Saint-Privat… (1893)
“ Coblentz sert d'entrepôt au commerce de la contrée. Son pont de bateaux sur le Rhin s'ouvre, comme nous l'avons dit, et cela à tout instant, pour livrer passage aux remorqueurs, trainant après eux de longs convois de marchandises; enfin, immédiatement en face de la ville, au delà du Rhin, une montagne de basalte porte une citadelle élevée de quatre cents pieds au-dessus de l'eau et vraiment formidable. Elle s'appelle Ehrenbreitstein (large pierre d'honneur) , un beau nom pour une forteresse et qui ordonne à ceux qui l'occupent de verser tout leur sang. ”
Alphonse de Lamartine,
Histoire des Girondins
“ Le comte de Provence (depuis Louis XVIII) et le comte d’Artois (depuis Charles X) , après différentes excursions dans les cours du Midi et du Nord, s’étaient réunis à Coblentz. Louis Wenceslas, électeur de Trèves, oncle de ces princes par leur mère, leur fit un accueil plus cordial que politique. Coblentz devint le Paris de l’Allemagne, le centre de la conspiration contre-révolutionnaire, le quartier général de la noblesse française rassemblée autour de ses chefs naturels, les deux frères du roi prisonnier. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ C’est ainsi qu’il arrive souvent dans les logements, que tantôt l’un des époux, tantôt l’autre, témoigne plus ou moins de bienveillance à l’hôte qui leur est imposé. Nous voyageâmes doucement jusqu’à Coblenz, et le seul souvenir distinct qui me reste, c’est qu’à la fin de notre course je vis le plus beau spectacle qui se soit peut-être jamais offert à mes yeux. Comme nous avancions vers le pont de la Moselle, cette noire et puissante construction dressait devant nous sa masse imposante ”
Hippolyte Fournier, Histoire pittoresque des villes les plus remarquables de l'Italie… (1849)
“ Les Prussiens ont sacrifié des sommes énormes pour la construction de la gigantesque forteresse. N'est pas admis qui veut dans l'intérieur d'EhrenbreÜslein; il faut solliciter une carte du commandant et marcher sur les pas d'un guide , ou pour mieux dire d'un surveillant. La population de Coblentz est aujourd'hui de 26,000 âmes. De Mayence à Coblentz, le Rhin se dessine et s'élargit, presque à chaque demi-lieue, en bassins alongés. Le voyageur, renfermé sous ce vaste enclos de montagnes, cherche en vain des yeux et de la pensée une issue pour en sortir ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Industrie active. Grand commerce, navigation active (par le Rhin) . Les environs produisent des vins excellents, les meilleurs des bords de la Moselle. Patrie de Metternich. — Coblentz a été une des résidences des empereurs carlovingiens, et plus tard celle des électeurs de Trêves. Dans les premiers temps de la Révolution, Coblentz fut le rendez-vous des émigrés, qui y formèrent l'armée de Condé, et fut le quartier général des Prussiens qui marchaient contre la France. Prise par les Français en 1794, elle devint le ch.-l. du dép. de Rhin-et-Moselle. ”
Adélaïde-Paule-Françoise de La Fare, comtesse de La Boutetière de Saint-Mars, Mémoires de madame la comtesse de La Boutetière de Saint-Mars
“ La route de Trèves à Coblentz est presque toujours côtoyant la montagne ou des montées très fortes, où nous étions obligés de descendre de voiture, et le baron de Bartillat me faisait voir, en militaire, l’impossibilité que les Français puissent venir à Coblentz, si on voulait le défendre. ”
Pierre-Julien Hamard, Une course aux capitales, Allemagne… (1885)
“ Les églises de Coblentz n' ont rien de monumental . Pourtant l' une d' elles , Saint-Castor , située au point de jonction de la Moselle et du Rhin , a tout au moins un intérêt archéologique et historique que peu d' églises peuvent lui disputer . Fondée au milieu du IX e siècle , elle a vu plusieurs conciles se tenir dans son enceinte . Au XII e , saint Bernard y prêcha la Croisade et l' empereur Henri IV s' en vit fermer les portes . D' abord résidence des empereurs carlovingiens , Coblentz fut dès le xi e siècle réunie à l' électorat de Trêves . Jalouse Coblentz . ”
Pierre-Louis Mayer, Soldats suisses au service étranger… (1908)
“ De là nous allâmes à Bonn : toute la contrée est belle et riante, mais moins pittoresque que celle qui s'étend entre Coblentz et Mayence. Cependant, le Drachenfels et les ruines de Rolandseck sont très imposants. Bonn est une jolie ville, ancienne résidence de l'électeur de Cologne; nous avions espéré y loger, mais on nous cantonna dans un mauvais village au bord du Rhin ; notre division s'étendait d'Andernach à Cologne sur un espace d'environ quatorze lieues ; nous devions faire un service d'observation très actif au bord du fleuve, en attendant que l'infanterie vînt prendre ces postes. ”
Théophile Lavallée, Géographie physique, historique et militaire… (1858)
“ Au-dessous du confluent de la Lahn, il traverse les États prussiens, et arrose CoBLENTZ, place forte située sur la rive gauche, avec la redoutable forteresse d'EHRENBREiSTEiN, sur la rive droite, prise par les Français en 1799. Après Coblentz, le fleuve continue dans la même direction, et traverse un pays fertile en coulant dans un seul lit large et majestueux, dont le passage peut être facilement défendu. Il arrose NEUWIED, où les Français, commandés par Hoche, passèrent le Rhin en 1797, et battirent les Autrichiens ”
Armand de Saint Hilaire, Mémoires de Saint-Hilaire. II. 1680-1697 (1903-1916)
“ On en étoit là, lorsque M. de Choisy fut averti que le landgrave de Hesse, si fort intéressé à la conservation de cette place, qui auroit mis son pays en proie, rnarchoit à Coblenz avec toutes ses forces pour y joindre un autre corps de troupes impériales qui hivernoient dans l'électorat de Cologne, [et qu'ils passoient ensemble le fleuve à Coblenz pour venir délivrer Rheinfels, soit de vive force ou en se postant entre ce château et Mont-Royal, d'où seul on pouvoit tirer les vivres et les munitions dont on avoit besoin] . ”
Émile Gaboriau,
Le capitaine Coutanceau
(1878)
“ Il n'avait pas encore quitté Coblentz, que déjà on ne l'appelait plus que le bras droit des rois et le héros du Rhin". Il faut ajouter encore qu'autour du roi de Prusse se pressaient les émigrés, si remuants, si exigeants et si pleins de jactance que l'empereur d'Autriche les avait éloignés de son quartier général. Quel rôle jouaient-ils, ces nobles qui avaient abandonné aux Tuileries le roi et la reine, pour courir implorer contre la Révolution l'aide et l'assistance de l'étranger ? ”
Voyage illustré dans les deux-mondes… (1862)
“ Si de Coblentz on remonte la Moselle qui offre aussi des bords intéressants flanqués de vieux châteaux, on arrivera, après une traversée de quarante lieues environ, à Trêves, l'une des plus anciennes villes d'Europe, dont les archevêques-électeurs furent au moyen âge, après ceux de Mayence, les plus puissants princes temporels de l'Allemagne. Cette ville, limitrophe de la France, en a fait autrefois partie comme chef-lieu du département de la Sarre. ”
Simon de Coiffier de Moret, Les enfans des Vosges
“ Je considérai un moment Colmar, cette ville d’où était parti l’arrêt qui m’exilait de ce beau pays. Mes regards se tournèrent involontairement à gauche, et tombèrent bientôt sur Kestenholz ; je revis le toit fortuné que je venais d’abandonner ; je ne pus m’empêcher de penser aux douceurs que j’y goûtais, à la félicité à laquelle peut arriver l’homme en société : et la nature ne lui offre pas même une retraite aussi commode que ce repaire qui me reste, me dis-je tristement, en me précipitant dans cette espèce de cave. ”
Pierre-Louis Mayer, Soldats suisses au service étranger… (1908)
“ Le second jour, nous eûmes une longue étape. La route de Coblentz suit le bord du Rhin : elle est très intéressante ; c'est la contrée où croissent les excellents vins du Rhin, si renommés dans le monde entier, Markbronn, Rüdesheim, Johannisberg, etc., la plupart, il est vrai, sur la rive droite. Le fleuve coule encaissé entre deux chaînes de montagnes, dont les sommités sont couronnées par les ruines d'un ancien château. Ces vestiges de la féodalité sont des témoins du passage des Suédois dans la guerre de Trente ans. A de certains endroits, les montagnes se rapprochent tout à fait du fleuve ”
Louis-Philippe Alphée Pichat, Géographie militaire du bassin du Rhin… (1876)
“ Coblentz est le type du camp retranché : il suffit, dit-on, de 5000 hommes pour le défendre, tandis qu'il peut abriter 200,000-hommes. Vu la position de ce camp retranché au confluent de la Moselle, on l'a choisi pour station ordinaire de la flotte cuirassée allemande du Rhin ; cette flotte se compose de 12 canonnières, recouvertes de 0m,07 d'épaisseur de fer, armées de deux pièces de 12 centimètres disposées dans une tourelle tournante ”
Léonce Pingaud,
Jean de Bry (1760-1835) : le congrès de Rastatt…
(1909)
“ Non loin de lui, à Selz, sous prétexte de renouer les relations franco-autrichiennes rompues par l'incartade de Bernadotte à Vienne, Cobenzl et François de Neuchâteau s'efforçaient de résoudre en tête à tête les nombreuses difficultés soulevées de part et d'autre au congrès. L'Autriche, attentive à ses intérêts particuliers plus qu'à ses devoirs envers le Corps germanique, eût beaucoup cédé aux « Welches » en Allemagne, si elle eût obtenu des compensations à son gré pour elle en Italie. Déçue de ce côté, elle envoya Cobenzl en Russie y préparer une nouvelle coalition. ”
Alfred Rébelliau,
Revue des Deux Mondes
“ Ce Favier, lieutenant-général au bailliage et siège présidial de Toul, et, surtout, maitre des requêtes ordinaires de la Reine, était le gros personnage auquel Bénigne était adjoint en Alsace. Charles Colbert se plaint aussi que Bénigne approuve tout par devant, mais blâme tout par derrière. Des notes anonymes trouvées dans les papiers du grand Colbert disent un peu les mêmes choses : « Néglige les affaires pour recevoir et rendre des visites ; » « fort flatteur et complaisant ; » « fait ce qu’il peut pour gagner les bonnes grâces des personnes puissantes et de crédit. » ”
“ Le gros feldwebel de Cobern était bien renseigné. On nous a fait descendre à Coblentz. Sur le quai, on nous range par quatre ; on nous compte une première fois, on nous compte une deuxième fois, et on nous compte une troisième fois. Le chiffre trois est sacramentel en Allemagne. Des curieux nous regardent sans insister. Au fond, malgré les sentinelles qui nous contiennent, tous ces civils n’ont pas l’air rassuré. ”
Jules Gourdault, L'Europe pittoresque, pays du nord… (1892)
“ Un peu plus loin, au delà d'une grande île, à l'endroit où débouche la Moselle, deux ponts enjambent le Rhin : l'un est BORDS DU RHIN. — Drachenfols. un viaduc de chemin de fer, l'autre est le pont qui unit Coblenz, le chef-lieu de la Prusse rhénane, à sa citadelle d'Ehrenbreitstein, dont les trois étages de batteries casematées dominent la rive droite d'une hauteur de 128 mètres. Tout alentour ce ne sont que forts et ouvrages de défense composant un immense camp retranché où 200 000 hommes peuvent tenir à l'abri. ”
Théophile Gautier,
Ménagerie intime
“ Nourri le plus délicatement du monde, avec tout le soin qu'on devait naturellement prendre d'un ténor et d'un gentleman de cette distinction, Kobold avait un goût bizarre: il mangeait de la terre comme un sauvage de l'Amérique du Sud; on ne put lui faire perdre cette habitude qui lui causa une obstruction dont il mourut. Il avait le goût des grooms, des chevaux, de l'écurie, et nos poneys n'eurent pas de camarade plus assidu que lui. Il passait son temps entre la box et le piano. ”
