Pierre-Louis Mayer, Soldats suisses au service étranger… (1908)
“ «Camarades, donnez-nous la main, nous allons mourir. » C'était comme s'ils chantaient. Point de pitié, tous ces hommes ont péri. Il faisait un beau clair de lune, j'aperçus la ville de Tolochine, je dis à ces malheureux ; « Faites silence, que l'on ne nous entende pas arriver, » Nous rentrâmes dans nos abris, mais on était plus à l'aise parce qu'un bon tiers avait péri en allant chercher un peu de pain. Je me remis sur mon buffet et m'endormis comme une soupe. Quand le jour parut, les soldats russes furent bien étonnés de nous revoir. On sortit quelques cadavres comme tous les matins. ”
