Raymond de Montesquiou-Fezensac

Résumé

Raymond de Montesquiou-Fezensac Souvenirs militaires de 1804 à 1814

L'officier d'état-major, au contraire, vivant avec les généraux, les connaît comme le commandant de compagnie connaît ses soldats; il voit l'ensemble des mouvements, il comprend la portée des ordres qu'il est chargé de transmettre; il apprend à atténuer la sévérité d'un reproche, à modifier un ordre quelquefois inexécutable; mais il ignore à son tour les détails intérieurs d'un corps, et la partie morale si importante surtout dans l'armée française. À ses yeux, un régiment est une machine que l'on fait mouvoir à son gré, en tout temps comme en tout lieu.
Source : Gutenberg

Raymond de Montesquiou-Fezensac Souvenirs militaires de 1804 à 1814

Il était impossible d'atteindre l'infanterie ennemie, l'avant-garde n'avait à combattre que leur cavalerie légère, qui ne se défendait elle-même que pour laisser le temps à l'armée d'opérer tranquillement sa retraite. L'activité du roi de Naples était au-dessus de tout éloge, ainsi que sa bravoure. Jamais il ne quittait l'extrême avant-garde; c'était là qu'il dirigeait lui-même le feu des tirailleurs et qu'il restait exposé aux coups de l'ennemi, auquel sa toque et ses plumes blanches servaient de point de mire.
Source : Gutenberg

Raymond de Montesquiou-Fezensac Souvenirs militaires de 1804 à 1814

Nous trouvâmes au pied de la côte toute l'artillerie de la garde, le reste des équipages de l'Empereur et le trésor de l'armée. Les soldats, en passant, enfonçaient les voitures et se chargeaient de riches habits, de fourrures, de pièces d'or et d'argent. C'était un singulier spectacle que de voir des hommes couverts d'or et mourant de faim, et de trouver étendus sur les neiges de la Russie tous les objets que le luxe a fait inventer à Paris. Ce pillage continua jusqu'au moment où les Cosaques tombèrent sur les pillards et s'emparèrent de toutes ces richesses.
Source : Gutenberg

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