Charles-Julien Jeannel, De Dijon à Brême : 1870-1871 (1871)
“ Il n'y a même plus de chiens errants; pas un bruit; on n'entend que la bise et les corbeaux. L'auberge, transformée en corps de garde, n'offre comme refuge qu'un taudis, avec un lit brisé et un poêle sans feu. Là, debout, une grande femme maigre, aux cheveux gris ébouriffés, murmure : «Les brigands ! les brigands ! » Je lui demande à boire : « Je n'ai plus rien ; ils m'ont tout pris, tout pillé. » Et alors sa bouche de sorcière vomit un torrent de regrets sur son vin, ses liqueurs, ses fils et son cochon, avec un intarissable mélange d'injures et de malédictions folles et terribles. ”
