Général Buat

Élements biographiques

Général Buat Revue des Deux Mondes

Aussi ne craint-il pas de soutenir, — et cela revient au même, — à vous qui êtes du camp opposé, que vous n’êtes pour rien dans l’abaissement de son pays : l’Allemagne des armées n’a été vaincue que par l’Allemagne elle-même, celle de l’intérieur. « Le Seigneur Dieu dans le ciel a abandonné le peuple allemand parce que le peuple allemand s’est abandonné lui-même. » Mais comme un peuple ne s’abandonne jamais que dans les limites permises par ses dirigeants, c’est donc bien le gouvernement qu’il faut accuser.
Son patriotisme prend des allures mystiques, comme on voit.
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Général Buat Revue des Deux Mondes

L’armée a fait tout son devoir ; le pays, non. A eux deux, ils ne devaient faire qu’un seul corps, — et ce fut ainsi, car le contraire est impossible, — mais n’avoir aussi qu’une âme. C’est à ce dernier point de vue que le pays n’a pas marché de pair avec l’armée. Abreuvé à des sources spirituelles impures qu’un gouvernement faible n’a pas su tarir, ni même endiguer, il s’est empoisonné ; il a empoisonné l’armée ; c’est la révolution qui a provoqué la débâcle militaire.
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Depuis quand les révolutions éclatent-elles par génération spontanée ? Ludendorff a étudié l’histoire et il sait bien qu’un grand peuple ne se livre aux extrémités révolutionnaires que pour échapper à un régime intolérable ou par réaction contre trop et de trop grandes déceptions. Or, pendant presque toute la guerre, le peuple allemand n’a jamais mis en cause le régime impérial. Il a été, d’autre part, unanime à vouloir la guerre à son début. A la fin cependant, il s’est révolté. Il faut donc que, dans l’intervalle, la guerre lui ait apporté d’insupportables déboires.
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