Olga Wormser-Migot

Résumé

Olga Wormser-Migot La déportation (1964)

Alors, Emil avait inscrit sur la liste, à côté de quelques criminels de droit commun, qui étaient volontaires, un déporté de son block, un Alsacien mobilisé de force dans la Wehrmacht, déserteur, et détenu pour ce fait. Il l'avait inscrit sans rien lui en dire, bien sûr, se prévalant de son autorité de chef de block. Il avait envoyé cet Alsacien à la mort, ou au désespoir, il avait fait de ce jeune Alsacien un homme perdu à tout jamais, même
s'il s'en sortait vivant, un homme qui n'aurait plus jamais confiance en rien, un homme perdu pour toute espérance humaine.
Source : Gallica

Olga Wormser-Migot La déportation (1964)

Jamais un homme n'avait réalisé un aussi brutal et subit anéantissement de toutes les valeurs sur lesquelles son existence lui paraissait établie : droit de vie, respect de la personne humaine.
Puisque aux yeux des Allemands le régime concentrationnaire était fondé sur la nécessité pour le régime hitlérien de se protéger, de se garantir de ses ennemis, il convenait donc de retrancher de l'humanité tous les éléments néfastes au régime.
Source : Gallica

Olga Wormser-Migot La déportation (1964)

La façon dont on vivait dans les camps, soit que la situation y fût véritablement monstrueuse ou simplement barbare dans son ensemble, tout cela dépendait d'une bonne douzaine de facteurs autres que les principes de répartition des hommes. Par exemple, Dachau fut toujours le premier degré, ce qui, chez tout homme qui connaît les camps, ne peut que provoquer une sorte de rire donnant la chair de poule. Alors qu'il était encore du deuxième degré (il passa au premier degré le 28 avril 1944) , Buchenwald connaissait depuis longtemps des conditions générales de vie meilleures qu'à Dachau.
Source : Gallica

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