Julie Crémieux-Dunand, La Vie à Drancy [1941-1944], récit documentaire… (1945)
“ Les âmes fortes acquièrent une dose de philosophie, mais c'est l'horribe trou noir, comme pour les êtres sans croyance, ni foi; on n'a rien devant soi que ces murs, ces barbelés que l'on ne peut franchir. C'est la vie animale : manger (ce n'est même pas se nourrir) et dormir. Chaque soir, une fois de plus la nuit vient noyer d'ombre le rêve de l'interné, de ce prisonnier innocent, le rappeler à la triste réalité, encore une journée de passée et il est toujours là... et doit-il souhaiter un changement? L'affreux mot de « déportation » résonne dans ses oreilles. ”
