Résumé

Portrait de Gabriel Mourey Gabriel Mourey La Guerre devant le palais. Compiègne… (1915)

Pas un souffle dans l'air; tout est immobile et
silencieux, et n'était la silhouette du planton au casque pointu qui monte la garde devant le palais et que j'aperçois se découper entre deux colonnes, derrière la grille aux lances dorées, il nous serait facile d'oublier l'horreur de notre situation présente.
La cour d'honneur, d'ailleurs, est vide et il ne reste de lumière qu'aux fenêtres de la salle des Gardes et du corridor du Granique où sont installés les bureaux du télégraphe et du téléphone ; la clarté bleue qui baigne les façades en atténue l'éclat...
Source : Gallica

Portrait de Gabriel Mourey Gabriel Mourey La Guerre devant le palais. Compiègne… (1915)

De tous les officiers allemands avec qui j'ai eu affaire jusqu'à présent, celui-ci est bien le type le plus accompli de l'espèce. Je n'ai rencontré chez aucun tant d'outrecuidance unie à tant de goujaterie naturelle, tant de morgue alliée à tant de vulgarité foncière.
Ah ! comme j'ai bien fait, surmontant la fatigue morale où je me sentais aujourd'hui, et domptant la répulsion presque physique, et chaque jour plus difficile à vaincre, que me cause la seule vue des uniformes impériaux,
comme j'ai bien fait de l'accompagner moi-même à travers le palais!
Source : Gallica

Portrait de Gabriel Mourey Gabriel Mourey La Guerre devant le palais. Compiègne… (1915)

L'on y voit à peine ; l'on bute dans toutes sortes d'obstacles ; l'on se penche, et vaguement, dans les lueurs qui passent à travers les petits carreaux des croisées, l'on distingue ici un capot d'automobile, là des lanternes et des bidons d'essence défoncés, ici une lessiveuse, là une cafetière, partout des boîtes de conserves vides et des bohteilles cassées ; enfin, là-bas, les énormes barriques de pétrole destinées à incendier le palais et la ville et auxquelles, dans la précipitation de leur départ, ils n'ont pas eu le temps de mettre le feu.
Source : Gallica

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