Résumé

René Pinon L’Europe et la Jeune-Turquie

L’Europe fut reconnaissante à la révolution qui emporta Abd-ul-Hamid, mais elle se montra aussi, vis-à-vis d’elle, trop exigeante ; de là des désillusions qui, comme les enthousiasmes du début, furent parfois exagérées.
L’art du gouvernement ne s’improvise pas. Rien ne préparait la plupart des Jeunes-Turcs à assumer les charges du pouvoir dans un moment aussi difficile. La révolution a été faite par l’audace d’une élite à laquelle le succès a attiré des recrues, mais, au début, les Jeunes-Turcs étaient peu nombreux et, même aujourd’hui, ils ne forment dans le pays qu’une minorité.
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René Pinon L’Europe et la Jeune-Turquie

La France, en Orient, a toujours su concilier la protection des chrétiens avec l’amitié des Turcs ; c’est, plus que jamais, la voie à suivre, et, s’il est vrai qu’il n’y a de salut pour la Jeune-Turquie que dans une réconciliation de toutes les races et de toutes les religions qui vivent dans l’Empire, les Jeunes-Turcs nous sauront gré un jour de les avoir aidés à la réaliser.
La Jeune-Turquie n’a donc que des amis. Elle pourrait perdre quelques-uns d’entre eux si elle s’égarait, sur les traces d’Abd-ul-Hamid, dans les voies du panislamisme.
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René Pinon L’Europe et la Jeune-Turquie

Ce qui brille, plutôt que ce qui dure, séduit les peuples et les partis « jeunes. » Un bataillon qui défile musique en tête frappe plus les imaginations que le lent et patient labeur qui doit faire refleurir la richesse dans un pays ruiné par des siècles de mauvais gouvernement. Cependant, la force militaire d’une nation n’est-elle pas elle-même dépendante de sa prospérité matérielle et financière ? La mise en valeur de l’Empire ottoman est l’œuvre capitale au terme de laquelle est le salut et sans laquelle il n’est pas de salut.
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