Résumé

René Pinon Trente Ans d’indépendance - La force bulgare

Les divisions politiques, querelles de coteries et conflits d’ambitions, n’atteignent pas un peuple de paysans et de petits artisans, laborieux et économes, qui n’a aucune éducation politique et qui, il y a trente ans, vivait encore sous le joug des Turcs ; il se contente de jouir, sans s’en laisser enivrer, de son indépendance et de sa liberté. Et l’on ne sait, en vérité, ce qu’il convient d’admirer davantage, ou du prince qui sait faire accepter de tous son autorité bienfaisante, ou du peuple qui a le bon sens de se laisser conduire.
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René Pinon Trente Ans d’indépendance - La force bulgare

De tels hommes n’ont pas de place dans une société policée, dans un État tranquille ; ils surgissent dans la tempête, comme ces grands oiseaux de mer aux larges ailes et au bec dur qu’amène l’ouragan. Notre XVIe siècle, pendant les guerres de religion, et, en Allemagne, l’époque de la guerre de Trente ans ont vu à l’œuvre quelques-uns de ces rudes forgerons. Installé à Sofia, Stambouloff frappait à coups redoublés sur ses adversaires, réprimant sans merci toute velléité de résistance, fusillant, emprisonnant, dominant par la terreur, mais remettant de l’ordre et de la discipline dans le pays.
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René Pinon Trente Ans d’indépendance - La force bulgare

Ces dangers et ces points faibles, la meilleure preuve d’intérêt et de sympathie que nous puissions donner aux Bulgares, c’est de les indiquer, comme nous croyons les voir, sans ambages.
Les peuples jeunes, qui ont lutté longtemps pour l’indépendance et la liberté, qui ont travaillé avec ardeur, avec bonheur, à édifier, dans la fièvre et l’enthousiasme, la Cité nouvelle, sont sujets à une sorte de griserie qui les porte à faire table rase du passé, à toujours détruire pour reconstruire, à n’apercevoir ni une limite à leurs progrès, ni un terme à leur prospérité.
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