Résumé

Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu Les Réformes de la Turquie - La Politique russe et le Panslavisme

C’est une nation qui a conscience d’elle-même, qui pense, qui sent, qui s’exprime. Dans cet état autocratique, la dominatrice du monde moderne, l’opinion, règne presque aussi souverainement que dans les états constitutionnels de l’Occident. Si la Russie n’a ni parlement, ni constitution politique, l’opinion y a son principal et plus puissant organe, la presse. Chose singulière, en Russie et en Turquie la presse est à peu près soumise au même régime, au régime des avertissemens, inventé par le second empire français. En dépit de ces entraves, la presse russe est nombreuse et puissante.
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La sagesse est de ne pas trop se fier aux rivalités des puissances, de ne pas trop compter sur un retour d’intérêt de l’Angleterre, et d’accorder aux provinces chrétiennes une autonomie qui seule peut leur rendre supportable la domination ou la suzeraineté ottomane, et seule les enlever aux suggestions du panslavisme. Il y a une chose cependant que, si compromise qu’elle soit, la Turquie ne saurait faire, c’est de céder sans guerre tout ce que la guerre peut lui faire perdre, c’est d’ouvrir de sa main aux Russes le passage du Danube et les défilés du Balkan.
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Comment la centralisation, si difficile à l’Autriche, serait-elle possible à la Turquie, dépourvue de l’instrument moderne de tout régime centraliste, dépourvue de bureaucratie ? Il est à remarquer du reste que dans l’empire ottoman la centralisation est de date relativement récente. C’est avec un système tout différent que l’empire turc s’est fondé, a grandi et vécu. La centralisation n’y est guère qu’une imitation des grands états bureaucratiques de l’Occident, et ce fâcheux emprunt n’a pas été étranger à l’énervement et à la décadence de l’empire.
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