Résumé

Jules Girard Eschyle sur la scène française

Heureux, bien plus heureux que les critiques, ceux qui ont l’entrée de ce monde à part que créent l’art et l’imagination ! Affranchis du labeur pénible et des lenteurs qu’impose la recherche exacte de la vérité, ils se laissent vivre dans ce monde enchanté, jouissant de leurs propres sensations et charmés par leurs propres harmonies. M. Leconte de Lisle est de ceux-là ; ses beaux poèmes en sont les brillans témoignages. Dans ses visions du passé, il a aperçu la grande figure d’Eschyle : il s’est attaché à elle et a voulu en reproduire l’image telle qu’elle lui était apparue.
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Jules Girard Eschyle sur la scène française

Il n’est pas helléniste, et l’on peut douter, même en lisant ses traductions en prose, qu’il traduise toujours directement sur l’original ; mais il a peut-être mieux que la science du grec, qui ne serait à elle seule que d’un médiocre secours : il est profondément et religieusement ému par la beauté de ces grandes œuvres qui portent les noms d’Homère, d’Eschyle et de Sophocle. On sait même qu’il n’est pas loin de penser que, depuis, la longue histoire de la poésie, à travers les siècles et dans le monde entier, se résume dans le mot de décadence.
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Jules Girard Eschyle sur la scène française

J’ai voulu seulement faire voir que l’art diffère beaucoup par les principes et par les procédés chez les deux poètes, et que le poète ancien, malgré certaines additions d’un goût moderne, ne nous est transmis que très diminué. L’imitation ne conserve ni, dans tout le drame, la puissante impression d’une action mystérieuse dont la trilogie d’Eschyle était profondément pénétrée, ni, dans les personnages, le sentiment de la vie réelle, cette condition indispensable de l’émotion.
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