“ En violent contraste avec cette fille si disciplinée, Racine a mis l’effrénée, la romantique Ériphile, dont le foudroyant petit roman est une si saisissante invention ; Ériphile, vraie sœur du romantique Oreste ; Ériphile, amoureuse perverse d’Achille, pour s’être sentie pressée dans les bras « ensanglantés » de ce jeune homme et y avoir un instant perdu connaissance (car nous sommes dans un temps où les guerriers enlèvent les femmes et n’en sont pas moins capables de générosité et très beaux parleurs ; et cela n’a rien d’incompatible) ”
Ériphile
Définition et enjeux
Citations sur “Ériphile”
Jules Lemaître,
Les Contemporains, 2ème Série
“ Donc Euripide a fait œuvre romantique en traitant le sujet d’Iphigénie de manière à plaire aux Athéniens de son temps, et Racine en le traitant de la façon la plus agréable aux hommes du XVIIe siècle. Il me semble qu’ici M. Deschanel avait une belle occasion de revenir au vrai sens du mot « romantisme » et de montrer qu’Ériphile est déjà, sauf le style, un personnage dramatique comme on les aimait aux environs de 1830. Ériphile ignore sa naissance, elle est sans nom, tout comme Didier et Antony. Elle est, comme eux, en insurrection contre la société. ”
F. Brunetière,
Revue des Deux Mondes
“ Il faut une victime aux dieux. Et pour qu’ils l’aient, — il faut que la menace suspendue par les oracles sur la tête d’Iphigénie passe sur la tête d’Ériphile. Et pour qu’elle y passe, — il faut que ce soit Eriphile elle-même qui l’attire. Et pour qu’elle fasse les mouvemens qui l’attirent, — il faut qu’elle aime Achille, mais qu’Achille aime Iphigénie. Et pour qu’Achille, au nom de cet amour, soit prêt à défendre et sauver Iphigénie par le glaive, — il faut que Clytemnestre elle-même, à genoux, l’en ait supplié. ”
Jean Racine,
Théâtre...
(1853)
“ Aux affronts d'un refus craignant de vous commettre 2, 1 Tous les détails de cette scène sont précieux ; tous ont un dessein et un effet. Quel parti le poëte a tiré de son épisode d'Ériphile, pour fortifier les autres rôles! combien il est naturel que le sombre accueil d'Agamemnon et l'absence d'Achille alarment Iphigénie et troublent les premiers instants du bonheur qu'elle croit trouver! Combien cela prépare ce qu'on va lui dire, et dispose d'avance tout ce qui peut justifier les soupçons sur Ériphile ! ”
Paul Monceaux, Racine (Nouvelle édition) (1909)
“ De là l'utilité du personnage d'Eriphile. Par jalousie elle trahit Iphigénie et prévient les Grecs qu'on cherche à les jouer. Pour cette faute il est juste qu'elle soit punie : on découvre qu'elle estla victime demandée par l'oracle; c'est elle qui est sacrifiée, ou plutôt qui se tue bravement près de l'autel. Malgré tout, ce personnage reste un peu épisodique et froid ; et ce n'est point sans peine que Racine a pu le rattacher à l'action. Ce qui sauve le rôle, c'est la sincérité de la passion d'Eriphile; elle aime follement Achille, et ne devient méchante que par amour ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Ce personnage est absolument nécessaire à la pièce, puisqu’il en fait le dénoûment ; il en fait même le nœud : c’est elle qui, sans le savoir, inspire des soupçons cruels à Clytemnestre, et une juste jalousie à Iphigénie ; et par un art encore plus admirable, l’auteur sait intéresser pour cette Ériphile elle-même. Elle a toujours été malheureuse, elle ignore ses parents, elle a été prise dans sa patrie mise en cendres : un oracle funeste la trouble, et, pour comble de maux, elle a une passion involontaire pour ce même Achille dont elle est captive. ”
Pierre Achalme, L'érysipèle (1893)
“ Il est donc bien certain pour nous que, si l'infection sanguine existe dans l'érysipèle, elle ne se montre que comme un accident, peut-être fréquent, mais qu'elle ne fait pas partie de l'essence même de la maladie. ”
Louis Landouzy,
Les sérothérapies : leçons de thérapeutique et matière médicale…
(1898)
“ Pour Hardy, l'érysipèle était un noli me tangere : il enseignait — et la médecine d'aujourd'hui ne peut le contredire — qu'on ne meurt d'un érysipèle que lorsqu'on a une tare viscérale soit connue, soit latente. En présence d'un érysipélateux, le pronostic est presque toujours des plus faciles ; si son coeur, son foie, ses reins sont sains, il guérira, à moins que, par un traitement intempestif, vous ne veniez à entraver le bon fonctionnement de ses viscères. Lorsqu'au contraire un érysipélateux a une tare cardiaque, rénale ou hépatique, il a toutes les chances de succomber. ”
“ A partir du moment où, avec Morgagni (1744) , naquit l'anatomie pathologique positive, son histoire clinique s'obscurcit et, sous le nom d'érysipèle, Platner, Sauyages, Lorry, Arnold, Vogt et, plus tard, Pinel, décrivent un grand nombre d'affections cutanées complètement étrangères les unes aux autres. Mais déjà se dégagent deux idées, qui n'ont reçu que beaucoup plus tard la sanction positive et ont depuis occupé tous ceux qui ont écrit sur l'érysipèle. Nous voulons parler de la contagiosité de l'érysipèle et de la localisation de sa lésion dans un des éléments constitutifs de la peau. ”
Alphée Cazenave, Traité élémentaire des maladies de la peau… (1853)
“ L'érysipèle vrai, de la face, le plus fréquent de tous, n'a pas en général de terminaison fâcheuse. Chez les vieillards, les enfants, il est plus grave ; il en est de même quand il apparaît au début ou à la fin d'une maladie aiguë. L'érysipèle phlegmoneux sous-aponévrotique, l'érysipèle gangréneux, l'érysipèle du cuir chevelu, sont les plus graves, quoique à des titres différents. SIEGE ET NATURE. — Les recherches sur l'état anatomopathologique de l'érysipèle établissent que celte inflammation affecte à des degrés différents, la peau, les veinules tégumentaires et le système lymphatique. ”
L. Marcenay, Les Conseils du Docteur Tant-Mieux
“ Érysipèle. — L’érysipèle est caractérisé par une rougeur vive de la peau, disparaissant sous la pression légère du doigt, pour reparaître immédiatement, et occupant une étendue plus ou moins grande. Cette rougeur est accompagnée de chaleur et de douleur dans la partie affectée, et ordinairement d’un certain degré de fièvre. Quelquefois il y a, en outre, sur la peau malade, des vésicules ou phlyctènes analogues à celles de la brûlure. L’érysipèle peut occuper les différentes parties du corps. Celui qui siège à la tête est le plus important, à cause du voisinage du cerveau. ”
Alphée Cazenave, Traité élémentaire des maladies de la peau… (1853)
“ DIAGNOSTIC. — Le diagnostic de l'érysipèle est facile. Il ne peut être confondu avec la rougeole et la scarlatine, dont les symptômes généraux sont trop tranchés et trop remarquables. L'urticaire s'en sépare non seulement par le prurit qui est un phénomène constant, mais encore par le peu de ÉRYSIPÈLE. 19 durée de l'éruption elle-même. L'érythème pourrait quelquefois être confondu avec l'érysipèle vrai, simple; mais dans le premier, outre l'absence de la douleur, de là chaleur locales, on né trouve pas non plus la tuméfaction, le gonflement de la partie malade. ”
Pierre Achalme, L'érysipèle (1893)
“ Pratiquement, deux faits importants découlent de cette étiologie si intéressante de l'érysipèle: une maladie contagieuse peut provenir de la propagation d'une affection cliniquement différente. Elle peut même prendre son origine en dehors de toute infection étrangère par l'exaltation d'un microbe banal, exaltation se produisant dans l'organisme même ou même peut-être en dehors de lui. ”
Alfred Castan, Traité élémentaire des fièvres (1864)
“ L'éruption une fois faite, le diagnostic ne présente plus de difficultés; l'érysipèle se distingue facilement de l'érythème, qui consiste en une simple rougeur, sans tuméfaction et sans phlyctènes. Pronostic. — L'érysipèle, tel que nous le comprenons, est une maladie bénigne : il n'y a qu'un décès sur cinquante malades, d'après M. Trousseau; les métastases, l'extension de la maladie aux centres nerveux, sont à peu près les seuls accidents qu'il faille redouter. L'érysipèle, nous dirions mieux l'érylhème symptomatique, est, au contraire, toujours l'indice d'une situa lion très-grave ”
“ Si nous insistons sur cet érysipèle puerpéral, c'est que, outre le grand intérêt pratique qui s'y attache, son étiologie pose les plus hauts problèmes d'épidé- miologie, c'est-à-dire met en cause la transformabilité des épidémies et surtout leur spontanéité, dont nous avons dit quelques mots à propos de l'étiologie générale de l'érysipèle. Mais nul exemple plus frappant ne peut être fourni à l'appui de ces deux principes capitaux. En effet, l'érysipèle puerpéral peut survenir par contagion d'un autre érysipèle. ”
Pierre Achalme, L'érysipèle (1893)
“ Car, étant une des maladies les plus faciles a. observer, apparaissant dans des conditions spéciales et présentant une pathogénie dont l'obscurité, avant les données positives de la bactériologie, a exercé la sagacité des médecins de tous les siècles, l'érysipèle a été décrit dès les origines connues de l'art de guérir et confondu longtemps avec d'autres maladies; il a acquis peu à peu son autonomie, jusqu'au jour récent où l'histologie pathologique et la microbiologie ont permis d'établir sa spécificité sur des données objectives. ”
Eugène Privat, Contribution à l'étude du traitement de l'érysipèle par l'antipyrine (1901)
“ Il y a 2 jours, fièvre et frissons; puis apparition à la partie interne de la paupière inférieure de l’oeil droit d’une petite rougeur qui s’étend peu à peu. 24 décembre. — La plaque érysipélateuse occupe les deux côtés de la face et affecte la forme d’un papillon. Les lèvres, le nez et le menton sont intacts. Toux légère; auscultation négative. Fièvre légère. Urines : trace d’albumine. 26 décembre. — L’érysipèle suit sa marche et tend à envahir les parties supérieures. La température augmente et s’élève à 40° 4. Subdélirium. On donne 4 grammes d’antipyrine. ”
Jean-Jacques Leroux, Cours sur les généralités de la médecine pratique et sur la philosophie de la médecine… (1825-1826)
“ L'érysipèle est une inflammation plus ou moins vive, plus ou moins profonde, qui ne se borne pas à attaquer principalement et presque uniquement l'épiderme et la surface de la peau, mais qui porte son action sur le tissu cutané lui-même, et peut, si elle est violente, désorganiser ce tissu jusqu'à un certain point. ”
Cicéron,
Discours choisis
(1863)
“ Nous lisons dans la fable qu'Ériphyle, à la vue d'un collier d'or enrichi de pierreries, poussée du désir violent de l'obtenir, trahit et sacrifia son époux : voilà l'image de la cupidité de Verrès. Elle est même plus vive et plus déraisonnable, car Ériphyle était tentée par un objet présent ; et les désirs de Verrès étaient excités non-seulement par les yeux, mais encore par les oreilles. ”
Pierre Achalme, L'érysipèle (1893)
“ Le rat est presque toujours réfractaire. La souris, au contraire, est assez sensible. Il se produit tantôt un œdème séreux sous-cutané, tantôt de vastes abcès, tantôt une septicémie sans lésions locales. Nous voyons, d'après cette énumération, que le microbe de l'érysipèle est loin de donner toujours lieu à l'érysipèle, et que l'affection qu'il provoque varie suivant la voie d'inoculation, l'organe infecté et surtout., toutes choses égales d'ailleurs, suivant son degré de virulence. ”
Alphée Cazenave, Traité élémentaire des maladies de la peau… (1853)
“ Dans l'érysipèle bulleux, les phlyctènes sont éparses çà et là sur des surfaces enflammées, continues, irrégulières ; dans le zona, ce sont des vésicules agglomérées sur des plaques disposées en demi ceinture, séparées par des intervalles où la peau est saine ; dans l'érysipèle, la douleur tient aux phénomènes de congestion ; elle est pulsative , elle cesse avec l'inflammation ; dans le zona, c'est un phénomène névralgique ; elle est lancinante, elle persiste souvent bien au delà de la durée de l'éruption. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Voyages chez les lépreux, par le Dr Zambaco Pacha… (1891)
“ Agé de cinquante ans, il est veuf et sans enfants. Toute la face est d'un rouge foncé très accusé, fortement gonflée, comme si elle était envahie par l'érysipèle ; au milieu de celte tuméfaction générale, les yeux paraissent tout petits, comme enfoncés dans leurs orbites. (Je dois signaler en passant que l'érysipélatoïde de la lèpre n'est jamais accompagné de phlyctènes, si violente que soit la bouffissure, et que je n'ai jamais vu les paupières clore les yeux, comme cela s'observe presque toujours dans l'érysipèle de la face de quelque intensité.) ”
Paul Labarthe,
Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée…
“ Pendant la période d'invasion, on peut croire à l'approche de la rougeole, de la scarlaline, de la variole. Mais il manque à l'érysipèle la toux, le larmoiement et le corysa de la rougeole l'angine pultacée de la scarlatine; la céphalalgie frontale vive, la rachialgie et la constipation de la variole. Lorsque la rougeur existe, on pourrait confondre l'érysipèle avec le phlegmon diffus, l'angivleucite, la phlébite superficielle, l'érylhème simple et l'érythème noueux. ”
Eugène Privat, Contribution à l'étude du traitement de l'érysipèle par l'antipyrine (1901)
“ On pense à un érysipèle, mais il n’y a pas de bourrelet. L’incision fait sourdre du pus au niveau de l’incision. On l’élargit et on draine avec une mèche de gaze. i3 mai. — T. hier soir : 40°. Ce matin on constate un bourrelet très net gagnant la joue, il y a donc érysipèle. La malade passe en médecine. i5 mai. — On donne 8 grammes d’antipyrine. 17 mai. — L’érysipèle a gagné le cuir chevelu, le front, le côté droit ; aspect classique du magot chinois. Si l’évolution n’a pas été arrêtée, la malade est, du moins, très soulagée ; pas de phénomènes cérébraux, ni de délire. ”
Alphée Cazenave, Traité élémentaire des maladies de la peau… (1853)
“ PRONOSTIC. —L'érythème n'est jamais une maladie tant soit peu grave. SIÈGE ET NATURE. — L'éruption érythémateuse peut se présenter sur tous les points de la surface du corps. Quelques variétés semblent avoir des sièges de prédilection : ainsi l'érythème populeux se développerait surtout au cou, à la poitrine, aux bras; l'érythème noueux, au contraire, se manifesterait principalement aux membres inférieurs. Quant au siége anatomique, les phénomènes de congestion semblent indiquer qu'il est dans le réseau capillaire de la peau enflammée superficiellement. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Érésipéle Contagieux, Médecine vétérinaire. Il est une autre espèce d’érésipèle qui se transmet aisément d’un animal à un autre, & qui par conséquent est contagieux. Le mouton y est plus exposé que les autres animaux. Symptômes. La rougeur, la chaleur, la douleur, la tension occupent la plus grande partie de la peau de l’animal ; il est triste, dégoûté, inquiet, & a une forte fièvre, la laine tombe, & communément la tumeur devient gangreneuse. ”
Eugène Privat, Contribution à l'étude du traitement de l'érysipèle par l'antipyrine (1901)
“ L’érysipèle débute par la lèvre supérieure du côté gauche. Il envahit rapidement les yeux, les pavillons, les paupières, la région frontale et le cuir chevelu. La peau, rouge vif, est tendue et comme infiltrée. Bourrelet assez net. Les paupières sont très oedématiées. Sur les joues, petites phlyctènes à sérosité citrine. Ganglions sous-maxillaires et cervicaux engorgés. La pression au niveau des points envahis est douloureuse : sensation de brûlure. Etat gastrique, langue saburrale; quelques nausées et vomissements; constipation. ”
Friedrich Wilhelm Scanzoni, Traité pratique des maladies des organes sexuels de la femme… (1858)
“ Enfin on trouve dans les annales de la science des faits qui prouvent que l'érysipèle des grandes lèvres peut apparaître habituellement à chaque menstruation. —L'érysipèle, aussi bien que l'érythème, a une plus grande importance pratique par les incommodités dont il est la cause que par sa gravité ”
Jean-Eugène Dezeimeris, Lettres sur l'histoire de la médecine et sur la nécessité de l'enseignement de cette histoire… (1838)
“ Hérophile et Erasistrate, protégés par ces souverains qui, plus d'une fois, s'il faut en croire Pline, prirent part à leurs dissections, Hérophile et Erasistrate créèrent tout à coup l'anatomie de l'homme, et la portèrent à un degré de perfection qu'elle était destinée à ne pas dépasser pendant la durée de près de vingt siècles. ”
Anatole France,
Les dieux ont soif
“ Le sujet, ajouta-t-il, est tiré de l’Oreste d’Euripide. J’avais lu, dans une traduction déjà ancienne de cette tragédie, une scène qui m’avait frappé d’admiration : celle où la jeune Électre, soulevant son frère sur son lit de douleur, essuie l’écume qui lui souille la bouche, écarte de ses yeux les cheveux qui l’aveuglent et prie ce frère chéri d’écouter ce qu’elle lui va dire dans le silence des Furies... ”
Porphyre de Tyr,
Traité de Porphyre, touchant l’abstinence de la chair des animaux avec la Vie de Plotin par ce philosophe…
“ Car comme dit Euripide, ils ont les mêmes nourritures & les mêmes passions que nous : le sang qui coule dans leurs veines est de même couleur que le nôtre, ce qui démontre que nous avons les mêmes Auteurs, c’est-à-dire le ciel & la terre. ”
