Résumé

Portrait de Porphyre de Tyr Porphyre de Tyr Traité de Porphyre, touchant l’abstinence de la chair des animaux avec la Vie de Plotin par ce philosophe…

Ce n’est pas sans raison qu’un philosophe a dit, en parlant des philosophes [2] : ils n’ont point appris dans leur jeunesse le chemin de la place publique ; ils ne connaissent ni le Palais, ni l’Hôtel de Ville, ni les endroits où le Public s’assemble. Ils n’ont aucune part ni aux loix, ni aux décrets, ni aux brigues, ni aux repas publics où l’on admet de la musique. Ils n’y pensent pas même dans leurs rêves ; ils ne savent pas plus ce qui se passe de bien ou de mal dans la ville, ou ce qui est arrivé de fâcheux à leurs ancêtres, qu’ils savent la quantité d’eau qu’il y a dans la Mer.
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Les substances intelligentes se corrompent bientôt, dès qu’elles sont unies à des choses sensibles : comme l’on voit qu’une terre où l’on n’a semé que du froment, produit cependant de l’yvraie.
XXXI. Si nous voulons donc retourner dans notre premier état, il faut nous séparer de tout ce qui est sensible, renoncer à tout ce qui est contraire à la raison, nous dégager de toutes les passions, autant que la foiblesse humaine le permet : il ne faut songer qu’à perfectionner l’ame, imposer silence aux passions, afin qu’autant qu’il est possible, nous menions une vie toute intellectuelle.
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Nous avons répondu à presque toutes les difficultés que font ceux qui admettent la nourriture de la viande. Ce n’est véritablement que par intempérance qu’ils prennent ce parti : mais pour se justifier, ils n’ont pas honte de chercher des prétextes dans la nécessité, ce qui leur donne lieu de faire beaucoup d’exagérations. Il reste encore deux questions à examiner : l’une est, si cette nourriture est utile ; car c’est par là qu’on a séduit ceux qui se laissent dominer par les plaisirs. L’autre est, s’il est vrai qu’aucun sage ni aucune nation ne rejette l’usage de la chair des animaux.
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