Résumé

Portrait de Basile de Césarée Basile de Césarée De la lecture des auteurs profanes

Dans de pareils récits, disait l’interprète de la pensée du poëte, Homère semble nous crier : Mortels, cultivez cette vertu qui accompagne le naufragé se sauvant à la nage, et qui, lorsqu’il est nu sur la plage, le fait paraître plus digne d’envie que les opulents Phéaciens. Et c’est bien là la vérité. Tous les autres biens n’appartiennent pas plus à ceux qui les possèdent qu’au premier venu ; comme au jeu de dés, ils passent des uns aux autres : seule la vertu est une richesse que l’on ne perd point et qui demeure fidèle après la mort comme pendant la vie.
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L’homme, celui du moins qui mérite ce nom, n’a pas moins à rougir d’aimer la parure et de choyer son corps que de se laisser aller bassement à quelque vice. Donner tous ses soins au bien-être du corps, c’est se méconnaître soi-même et ne pas comprendre cette sage maxime que ce qu’on voit de l’homme n’est pas l’homme, mais que nous avons besoin d’une sagesse supérieure, grâce à laquelle chacun de nous, quel qu’il soit, peut se connaître lui-même.
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Or il est aussi impossible à celui qui n’a pas purifié son âme d’arriver à cette connaissance, qu’à celui dont l’œil est malade de fixer ses regards sur le soleil. Purifier son âme, c’est, s’il faut vous le dire en un mot et d’une manière qui vous suffise, c’est mépriser les plaisirs des sens ; ne pas repaître ses yeux des objets inconvenants que montrent les charlatans ou de spectacles qui font pénétrer en nous l’aiguillon de la volupté ; ne pas verser dans l’âme par l’oreille des mélodies corruptrices. Une musique efféminée ouvre l’âme aux passions qu’enfantent la dégradation et la bassesse.
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