“ Quand je dis jeunesse, je veux dire tout aussi bien la jeunesse de l’esprit que la jeunesse de l’âge ; il n’y a point sous ce rapport de différence ; car le défaut que je signale ne tient pas au temps qu’on a vécu ; il tient uniquement à ce qu’on vit sous l’empire de la passion, et à ce qu’on ne se laisse jamais guider que par elle dans la poursuite de ses désirs. Pour les esprits de ce genre, la connaissance des choses est tout à fait inféconde, absolument comme elle l’est pour les gens qui, dans un excès, perdent la possession d’eux-mêmes. ”
Résumé
Rédigée par Aristote, la Morale d’Aristote explore les fondements de la vertu, du bonheur et de l’équilibre moral, articulant les rapports entre plaisir, passion et raison. Ce texte philosophique, structuré autour de concepts comme le milieu (entre excès et défaut), la tempérance et l’amitié, insiste sur l’importance de l’application des vertus comme chemin vers le bonheur.
Les citations soulignent la critique des vices, la nécessité de la douceur et la distinction entre vies dédiées au plaisir, à la politique ou à la contemplation. L’œuvre, ancrée dans la tradition aristotélicienne, propose une éthique fondée sur la rationalisation des désirs et la maîtrise de soi, affirmant que le bonheur réside dans l’exercice des vertus.
Citations de Morale d’Aristote (Aristote)
“ Le bonheur, par conséquent, se trouvera dans un certain usage des choses, et dans un certain acte ; car, ainsi que nous l’avons dit, toutes les fois qu’il y a en même temps faculté et usage, c’est l’usage et l’acte qui sont la fin véritable des choses. La vertu n’est qu’une faculté de l’âme ; mais, pour elle, il y a de plus l’usage et l’acte des vertus qu’elle possède ; et par suite, c’est l’acte et l’usage de ces vertus qui sont aussi sa vraie fin. Donc, le bonheur consiste à vivre selon les vertus. ”
“ Tout ce qu'on peut dire, c'est que la bienveillance parfois peut sembler le commencement de l'amitié. La bienveillance peut devenir de l'amitié véritable, si l'on a de plus la volonté de faire tout le bien qu'on pourra, dans l'occasion, à celui qui inspire cette bienveillance spontanée. La bienveillance vient du coeur et s'adresse au coeur d'un être moral. On ne dira jamais qu'on est bienveillant pour le vin ou pour toute autre chose inanimée, toute bonne, toute agréable qu'elle peut être. Mais on a de la bienveillance pour quelqu'un, parce qu'on lui reconnaît un coeur honnête. ”
“ Mais si l’on mérite le blâme pour être dans l’excès et dans le défaut, celui qui sait rester dans le vrai milieu, est à la fois doux et louable. On ne saurait approuver le caractère qui éprouve trop vivement le sentiment de la colère, ni le caractère qui l’éprouve trop peu. Mais celui-là est doux véritablement qui sait se tenir dans une juste mesure entre ces deux extrêmes. Ainsi, la douceur est le milieu entre les passions que nous venons de décrire. ”
“ La juste indignation, en grec Némésis, est le milieu entre l’envie, qui se désole du bonheur des autres, et la joie malveillante, qui est heureuse de leurs maux. Toutes les deux sont des sentiments blâmables ; et l’homme seul qui s’indigne à juste titre, doit recevoir notre louange. La juste indignation est la douleur qu’on éprouve de voir le succès échoir à quelqu’un qui ne le mérite pas; et le coeur qui s’indigne à juste titre, est celui qui peut ressentir des peines de ce genre. ”
“ Il est possible de signaler encore une différence entre faire quelque chose par ignorance, et agir en ignorant ce qu’on fait. Ainsi, dans l’ivresse, dans la colère, on ne peut pas dire qu’on agisse par ignorance ; l’on agit seulement sous l’empire de ces dispositions ; on n’agit pas en connaissance de cause ; et c’est au contraire en ignorant ce qu’on fait. Ainsi, tout être méchant ignore et ce qu’il faut faire et ce qu’il convient d’éviter ; car c’est par une faute de cette espèce que les hommes commettent des injustices, et, d’une manière plus générale, qu’ils sont vicieux. ”
“ La tempérance est un milieu entre la débauche et l’insensibilité en fait de plaisirs. La tempérance, comme en général toute autre vertu, est une excellente disposition morale ; et une excellente disposition ne peut regarder que l’excellent. Or, en ce genre, l’excellent c’est le milieu entre l’excès et le défaut. Les deux extrêmes contraires nous rendent également blâmables, et nous péchons aussi bien dans l’un que dans l’autre. Puis donc que le meilleur est le milieu, la tempérance tiendra le milieu entre la débauche et l’insensibilité, et elle sera le moyen terme de ces extrêmes. ”
“ La rusticité, au contraire, est le défaut de celui qui croit qu’on ne doit jamais se moquer de rien, et qui s’emporte si l’on vient à se moquer de lui. La véritable amabilité est entre les deux ; elle ne plaisante pas de tout et toujours; mais elle n’est pas moins loin d’une grossièreté rustique. Du reste, l’amabilité peut se montrer sous deux faces : elle sait à la fois plaisanter avec mesure et supporter au besoin les moqueries des autres. Tel est l’homme vraiment aimable, et la véritable amabilité, qui se prête facilement à la plaisanterie. ”
“ Mais appartient-il à l’homme libéral d’acquérir et d’amasser de l’argent? Ou doit-il négliger ce soin ? Les autres vertus sont dans le même cas que celle-ci ; et ce n’est point, par exemple, au courage de fabriquer des armes, c’est l’objet d’une autre science ; mais c’est au courage de les prendre pour s’en servir. De même encore pour la tempérance et pour les autres vertus sans exception. Ce n’est donc pas non plus à la libéralité d’acquérir de l’argent ; ce soin regarde la science de la richesse ou chrématistique. ”
“ J’entends par estimables et précieux ce qui, par exemple, est divin, ce qui est meilleur que tout le reste, comme l’âme, l’entendement. J’entends aussi par là ce qui est plus ancien, et antérieur, ce qui est le principe, et telles autres choses de ce genre ; car les biens précieux sont ceux auxquels s’attache un grand prix, un grand honneur ; et tout ce qu’on vient d’énoncer est d’un grand prix et d’un grand honneur. C’est ainsi que la vertu est quelque chose de très précieux, lorsque, grâce à elle, on devient honnête ”
“ Le plaisir qui vient de l'action même qu'on fait, nous excite d'autant plus à agir : et, par exemple, il portera l'homme vertueux à faire des actes de vertu, et à les faire avec un charme toujours nouveau. Ne sera-t-il pas même beaucoup plus vif encore au moment de l'acte qui l'accompagne ? Quand on agit avec plaisir, on est vertueux ; et l'on cesse de l'être, si l'on ne fait le bien qu'avec douleur. La douleur ne se rencontre que dans les choses qu'on fait par nécessité ; et si l'on éprouve de la douleur à bien faire, c'est qu'on le fait par une nécessité qui vous y force. ”
“ Ce n’est pas, selon nous, une erreur complète que de se faire une idée du bien et du bonheur par la vie qu’on mène soi —même. Ainsi les natures vulgaires et grossières croient que le bonheur, c’est le plaisir ; et voilà pourquoi elles n’aiment que la vie des jouissances matérielles. C’est qu’en effet il n’y a que trois genres de vie qu’on puisse plus particulièrement distinguer : d’abord cette vie dont nous venons de parler, puis la vie politique ou publique, et enfin la vie contemplative et intellectuelle. ”
“ Ainsi, la prudence est, on peut dire, la faculté qui choisit volontairement, et qui agit dans les choses où il dépend de nous d’agir ou de ne pas agir, et qui toutes en général n’ont que l’utile pour objet. § 12. La prudence est une vertu, à ce qu’il me semble ; ce n’est pas une science; car les gens prudents sont dignes de louange ; et la louange ne s’adresse qu’à la vertu. De plus, il peut y avoir vertu dans toute science ; mais il n’y a pas de vertu à proprement parler dans la prudence, parce que la prudence, à mon avis est elle-même la vertu. ”
“ L'égalité ne doit pas exister entre des amis inégaux. Mais l'amitié, l'affection entre père et fils est inégale, comme celle de la femme au mari, de l'esclave au maître, et en général de l'inférieur au supérieur. Entre eux, il n'y aura donc pas lieu à ces reproches dont nous parlons ici. Mais entre des amis égaux et dans l'amitié fondée sur l'égalité, il peut y avoir lieu à des récriminations et à des plaintes. Par conséquent, c'est une question à considérer que de savoir comment il faut en agir avec son ami dans l'amitié fondée sur l'égalité, quand on croit avoir à se plaindre de lui. ”
“ Car si l’on s’abstient de tout excès dans ces plaisirs, soit par crainte, soit par tel autre sentiment analogue, ce n’est plus de la tempérance. Aussi, excepté l’homme, ne disons-nous jamais des autres animaux qu’ils sont tempérants; car ils ne possèdent pas la raison, qui pourrait leur servir à distinguer et à choisir ce qui est bon ; et toute vertu s’applique au bien, et ne concerne que lui. En résumé, on peut dire que la tempérance se rapporte aux plaisirs et aux peines, mais seulement à ceux que peu vent nous donner les deux sens du toucher et du goût. ”
“ Car nous avons établi que tous les sentiments d'amitié partent d'abord de l'individu également pour se répandre de là sur les autres. Les proverbes mêmes sont tous ici d'accord avec nous. Je puis en citer de tels que ceux-ci : «Une seule âme ; — entre amis tout est commun; — l'amitié, c'est l'égalité; — le genou est plus près que la jambe.» Mais toutes ces expressions expriment surtout les rapports de l'individu à lui-même. Ainsi donc, l'individu est son propre ami plus étroitement que qui que ce soit ; et c'est lui-même surtout qu'il devrait aimer. ”
“ Dans la médecine par exemple, c’est la santé ; dans la stratégie, c’est la victoire ; c’est la maison dans l’art de l’architecture ; c’est un autre but dans un autre art. Mais dans toute action, dans toute détermination morale, le bien est la fin même qu’on poursuit ; et c’est toujours en vue de cette fin que l’on fait constamment tout le reste. Par une conséquence évidente, s’il existe pour tout ce que l’homme peut faire en général une fin commune où tendent tous ses actes, cette fin unique est le bien tel que l’homme peut le pratiquer ”
“ Mais si les choses que nous venons d’énumérer sont, elles aussi, des biens en soi, il faudra que la définition du bien soit manifestement la même dans tous ces cas divers, comme la définition de la blancheur est évidemment identique pour la neige et pour la céruse. Or pour les honneurs, pour la pensée, pour le plaisir, les définitions sont autres et fort différentes, en tant que toutes ces choses sont des biens. Concluons donc que le bien n’est pas quelque chose de commun qu’on puisse comprendre sous une seule et unique Idée. ”
“ On peut observer, après cela, que nous ne vivons réellement par aucun autre principe que par notre âme. Or, la vertu est dans l’âme ; et quand nous disons que l’âme fait quelque chose, cela revient absolument à dire que c’est la vertu de l’âme qui la fait. Mais la vertu dans chaque genre fait que la chose dont elle est la vertu, est bonne comme elle peut l’être ; or, l’âme est soumise comme le reste à cette règle ; et puisque nous vivons par l’âme, c’est par la vertu de l’âme que nous vivons bien. ”
“ Des amis plus nombreux qu’il n’en faut pour les besoins ordinaires de la vie, sont fort inutiles ; ils deviennent même un embarras au bonheur. Il n’y a donc pas besoin de tant d’amis de ce genre. Quant à ceux qu’on se fait en vue du plaisir, il suffit de quelques-uns; et c’est comme l’assaisonnement dans les mets. § 3. Reste donc les amis par vertu. Faut-il en avoir le plus grand nombre possible ? Ou bien y a-t-il aussi une limite à cette foule d’amis, comme pour le nombre de citoyens dans l’État ? On ne saurait faire un État avec dix citoyens, pas plus qu’on n’en ferait un de cent mille. ”
“ De plus, ce n’est pas dans un temps quelconque, ni dans un cas quelconque, que peut se produire le vrai courage ; c’est dans ceux où les craintes et les dangers sont proches. Est-on courageux, par exemple, pour ne pas redouter un danger qui ne doit venir que dans dix ans ? Trop souvent on est plein d’assurance, parce qu’on est loin du péril ; et l’on se meurt de peur, quand on en est tout près. Telle est l’idée que nous nous faisons du courage et de l’homme vraiment courageux. ”
“ Ajoutez que, s'il est beau, comme il l'est en effet, de répandre autour de soi les biens de la fortune quand on les possède, on peut se demander : Sans ami, à qui l'homme indépendant pourra-t-il faire du bien ? Avec qui vivra-t-il ? Certes il ne vivra pas tout seul ; car vivre avec d'autres êtres semblables à soi est tout à la fois un plaisir et une nécessité. Si ce sont là des choses qui sont tout ensemble belles, agréables et nécessaires, et que l'amitié soit indispensable pour les avoir, il s'ensuit que l'homme indépendant lui-même, tout indépendant qu'il est, aura besoin d'amitié. ”
“ On peut à plus forte raison violenter l’être animé ; et, par exemple, on peut par la force détourner un cheval de la ligne droite où il court, pour lui faire changer son mouvement en revenant sur ses pas. Ainsi donc, toutes les fois qu’il existe, en dehors des êtres, une cause qui leur fait faire ce qui est contre leur nature ou contre leur volonté, on dit que ces êtres font par force ce qu’il font. Au contraire, toutes les fois que les êtres ont en eux-mêmes la cause qui les meut, nous ne disons jamais qu’ils sont forcés de faire ce qu’ils font. ”
“ C'est là du moins ce que sera l'amitié pour soi-même dans le coeur de l'homme vertueux; car c'est en lui seulement que les parties diverses de l'âme sont bien d'accord, en ce qu'elles ne se divisent pas, tandis que le méchant n'est jamais son propre ami et qu'il se combat lui-même sans cesse. Ainsi, l'intempérant, quand il a fait quelque faute par l'entraînement du plaisir, ne tarde pas à s'en repentir et à se maudire lui-même. ”
“ Si commettre une injustice, c'est nuire à quelqu'un de plein gré en sachant qu'on lui nuit, en sachant qui il est, comment et pourquoi on lui nuit ; et si de plus, le tort fait à autrui et l'injustice commise ne peuvent porter que sur des biens et se rapportent à des biens exclusivement, il s'en suit que l'homme qui fait une injustice, l'homme injuste sait parfaitement ce que c'est que le bien, et ce que c'est que le mal. Or, connaître précisément ces nuances délicates, c'est le propre de l'homme prudent ; c'est le propre de la prudence. ”
“ On a fait encore une espèce de comparaison pour prouver que l'homme n'est pas libre : « Pourquoi, dit-on, quand nous sommes malades, ou que nous sommes laids, ne nous blâme-t-on pas ? » Mais ceci est une erreur ; et nous blâmons vivement les gens, quand nous croyons que c'est eux-mêmes qui sont cause de leur maladie ou de leur laideur, parce que nous pensons que, même en cela, il y a quelque chose de volontaire. Mais le volontaire, la liberté s'applique surtout au vice et à la vertu. ”
“ S'il n'en a pas la science précise, en a-t-il du moins l'opinion, le soupçon? Mais si l'intempérant n'a qu'un simple soupçon de ce qu'il fait, alors il cesse d'être blâmable. S'il fait quelque chose de mal sans savoir précisément que c'est mal, et en ne faisant que le supposer d'une opinion incertaine, on peut lui pardonner de se laisser aller au plaisir, puisqu'il commet le mal en ne sachant pas bien que c'est du mal, et en ne faisant que le présumer. ”
“ Si donc l’être est en soi une chose désirable pour l’homme fortuné, parce que l’être est bon par nature et en outre agréable, il s’ensuit que l’être de notre ami est bien à peu près dans le même cas ; c’est-à-dire que l’ami est évidemment un bien qu’on doit désirer. Or, ce qu’on désire pour soi, il faut arriver à le posséder réellement; ou autrement, le bonheur sur ce point serait incomplet. Donc en résumé, l’homme, pour être absolument heureux, doit posséder de vertueux amis. ”
“ Mais pour l'intelligence purement contemplative et théorique, qui n'est ni pratique, ni active, le bien et le mal, c'est le vrai et le faux ; car la vérité et l'erreur, c'est là l'objet unique de tout acte de l'intelligence. Mais quand il s'agit de joindre la pratique à l'intelligence, le but que l'âme poursuit, c'est la vérité s'accordant avec l'instinct, ou le désir qui se conforme lui-même à la règle. ”
“ On pourrait objecter à cette théorie qu’il y a encore d’autres passions pour lesquelles le vice n’est ni dans l’excès ni dans le défaut ; par exemple, l’adultère ; l’homme qui le commet, ne peut pas séduire plus ou moins les femmes libres qu’il perd. Mais on ne voit pas, en faisant cette objection, que ce vice même et tout autre vice analogue qu’on pourrait citer, est compris dans le plaisir coupable de la débauche ; et que, présentant à ce point de vue, soit un excès, soit un défaut, il est blâmable au même titre que tous les autres. ”
“ La sagesse est un composé de la science et de l’entendement ; car la sagesse est en rapport tout à la fois et avec les principes, et avec les démonstrations, qui sortent des principes et sont l’objet propre de la science. En tant que la sagesse touche aux principes, elle participe de l’entendement ; et en tant qu’elle touche aux choses qui sont de démonstration, comme conséquences des principes, elle participe de la science. Donc évidemment, la sagesse, je le répète, est composée de science et d'entendement ; et elle s'applique aux choses où s'appliquent aussi l'entendement et la science. ”
“ J’en conclus qu’aux yeux même des hommes qui se conduisent par ces motifs, la vertu a la prééminence sur la gloire qu’il recherchent. On pourrait donc croire aisément que la vertu est la véritable fin de l’homme plutôt que la vie politique. Mais la vertu elle-même est évidemment trop incomplète, quand elle est seule ; car il ne serait pas impossible que la vie d’un homme plein de vertu ne fût qu’un long sommeil et une perpétuelle inaction. ”
“ Les uns le placent dans des choses apparentes et qui éclatent aux yeux, comme le plaisir, la richesse, les honneurs, tandis que d’autres le placent ailleurs. Ajoutez que l’opinion d’un même individu varie souvent sur ce sujet ; malade, on croit que le bonheur est la santé ; pauvre, que c’est la richesse ; ou bien quand on a la conscience de son ignorance, on se borne à admirer ceux qui parlent du bonheur en termes pompeux, et qui s’en font une image supérieure à celle qu’on s’en fait soi-même. ”
“ Pour le dire en un mot, l’homme courageux est celui qui ne l’est pour aucun des motifs qu’on vient de citer, mais qui l’est parce qu’il est bien de l’être, et qui est courageux toujours, soit que quelqu’un le regarde, soit que personne ne le voie. Ceci ne veut pas dire que le courage se produise absolument sans passion et sans motif ; mais il faut que l’impulsion vienne de la raison: qui montre que c’est là le bien et le devoir. Ainsi, l’homme qui, par raison et pour remplir son devoir, marche au danger, sans rien craindre de ce danger, celui-là est courageux ”
“ Opposition des vices extrêmes entreux et à la vertu qui tient le milieu. Opposition du milieu aux deux extrêmes. Les extrêmes sont plus éloignés l’un de l’autre qu’ils ne le sont du milieu qui les sépare. — Dans certain cas, un des extrêmes se rapproche davantage du milieu, tantôt l’extrême par excès, et tantôt l’extrême par défaut. La témérité est plus près du courage que la lâcheté; au contraire, l’insensibilité est plus près de la tempérance que la débauche. — Deux causes de ces différences, l’une venant des choses, et l’autre de nous. ”
“ Tout en visant à la vertu, nous nous égarons dans les chemins qui nous sont naturels et ordinaires. La faute alors peut se trouver également et dans l’excès et dans le défaut, et nous pouvons être entraînés à l’un et à l’autre de ces extrêmes par le plaisir ou par la douleur. Le plaisir nous pousse à faire mal, et la douleur nous porte à fuir le devoir et le bien. ”
Termes fréquents
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