Résumé

Portrait de Alain Alain Minerve ou De la sagesse

Mais l’homme qui ne sait pas beaucoup, et qui s’instruit en ses rares loisirs, avec une peine incroyable, seulement pour honorer sa propre pensée, voilà celui qui mériterait le beau nom de sage. Et j’aime mieux l’erreur de celui-là que la vérité de l’autre.
Ainsi, en tous temps et en tous pays, les hommes cherchèrent la vertu, et surent toujours très bien ce qu’ils cherchaient. Exigeants et défiants là-dessus, comme des peseurs d’or. Assez contents en eux-mêmes du moindre mouvement de courage et de justice pour ne point chercher approbation. Mais occupés d’habiller décemment leurs fautes.
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Portrait de Alain Alain Minerve ou De la sagesse

Mais l’homme qui tombe n’est plus un homme. L’homme qui tombe est une chose qui tombe. Ainsi le commun langage nous redresse comme il convient, disant d’un mauvais chanteur qu’il chante faux. C’est que son chant n’est vrai alors que comme une chute est vraie, comme un dérapage est vrai. Vrai, oui ; mais ce n’est plus œuvre d’homme.
Tout serait vrai dans les pensées d’un fou, vrai par le délire, c’est-à-dire par les mouvements dans le cerveau, les nerfs, les sens, les muscles de ce malheureux. Je demande qu’on porte attention sur cette pensée absurde que toutes les pensées sont vraies.
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Portrait de Alain Alain Minerve ou De la sagesse

Notre chance, c’est notre bonheur. Ce qui fait les suites favorables, dans les affaires réelles, c’est premièrement un visage qui porte la confiance, et qui la jette aux yeux. La vérité des présages se trouve toute rassemblée dans cette contagion d’homme à homme, dont les effets semblent merveilleux, parce que nous ne comptons jamais la confiance pour ce qu’elle vaut. Pour fendre une bûche, il faut premièrement croire qu’on la fendra. Le moindre doute arrête le coup. Cela ne veut pas dire que la confiance suffit à tout ; il y a des nœuds plus forts que nous.
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