“ Divine musique, miracle parmi les bruits, tu n’en viendras pas moins à ton heure, chanson sur les flots, berceuse au soir, quand le petit a peur des loups, ronde aux feux de Saint-Jean, rencontre de la voix et de l’écho, jeux d’un artiste ignoré qui chante pour lui, harmonie entre l’heure, les sons et toi-même, qu’on ne peut ni chercher ni attendre, et qui traverse ta pensée comme l’ombre d’un oiseau sur le sable. Mais tais-toi, Hamlet. Sans être prince, tu as bien cent sous dans ta poche, et Polonius s’entend aussi à dresser les oiseaux. ”
Alain
Résumé
Les Propos d’Alain, écrit par Alain (pseudonyme de René Descartes), est une œuvre philosophique qui aborde des thèmes universels tels que l’égalité, la loi, les passions et la guerre. À travers des réflexions fragmentées et des citations percutantes, l’auteur questionne la nature humaine, la solidarité et l’influence des idées dans la société.
Les textes, structurés comme des méditations, combinent pensée rationnelle et émotions profondes, montrant comment les concepts abstraits s’ancrent dans l’expérience quotidienne. L’œuvre, publiée en 1905, résonne encore par sa lucidité sur les enjeux de l’existence humaine.
Citations de Les Propos d’Alain (Alain)
“ Ses héros immortels ne sont jamais les apothicaires d’eux-mêmes. Leur sentiment touche le monde en toutes ses parties. Ils ne vous pincent ni ne vous chatouillent. Dès que l’on sent avec eux, tout l’Univers se déploie ; tout est magnifiquement objet. Ce blessé d’Austerlitz, souvenez-vous, ce blessé regarde le ciel bleu entre les nuages. Et cet autre qui fauche avec les faucheurs. Cet autre encore : « Tombe, bonne pluie ; mouille-moi bien ! » Ils ne sentent pas bien ce qu’ils sentent ; mais ils le voient bien. Il faut un Univers pour le dire ; et cela est humain au sens où l’Univers est humain. ”
“ Ce n’est pas au milieu de la journée que l’on pense au temps ; on est tout à l’action ; on dévore le temps, sans le compter. C’est le matin et le soir que l’on pense au temps. Le soir, on considère les sillons achevés ; et le matin on imagine les sillons à faire. Le repos et la fatigue s’accordent bien avec ces pensées-là. Le soir, on constate ; le matin, on invente. C’est pourquoi les images du soir sont liées à l’idée du passé et celles du matin à l’idée de l’avenir. La même couleur se remarque dans les saisons, et une année est comme une journée. L’homme résiste à tout cela. ”
