Furies

Définition et enjeux

Léon Riffard,  Contes et apologues (1888)

“ C'est elle qui déroule au travers de la plaine Cet immense ruban et de fer et de feu, Où glisse, en un tourbillon bleu, Le monstre ailé qui nous emmène.
Adieu les coins ombreux, le pacage écarté, Où nous paissions du moins avec tranquillité.
Plus cruelle que les Furies, La vapeur vient nous prendre au sein de nos prairies Et nous emporte aux boucheries.
Le bonheur des humains, leurs merveilleux progrès, Sont faits de nos malheurs : nous en payons les frais.
”
Source : Gallica

Léger-Marie Pioger,  La Terreur (1861)

“ Quelquefois, les victimes parvenaient à faire entendre deux ou trois paroles; quelquefois aussi, ces paroles exaspéraient les Furies. Une femme montant à l'échafaud osa dire en riant à l'exécuteur : — Adieu Sanson 1
* et au peuple : — Adieu, sans farine. Elle faisait allusion à la disette qui régnait alors. Quel effet produisit cette apostrophe sur la foule ! Si les gardes à cheval n'y eussent veillé, les Furies se seraient jetées sur la victime pour la déchirer de leurs propres mains. Rien n'irritait plus les Furies que ces bravades.
”
Source : Gallica

Portrait de Érasme Érasme,  Éloge de la folie (1936)

“ Il en est une que les Furies déchaînent des Enfers, toutes les fois qu’elles lancent leurs serpents et jettent au cœur des mortels l’ardeur de la guerre, la soif inextinguible de l’or, l’amour déshonorant et coupable, le parricide, l’inceste, le sacrilège, et tout le reste, ou lorsqu’elles poursuivent de leurs torches terrifiantes les consciences criminelles. L’autre démence n’a rien de semblable ; elle émane de moi et c’est la plus souhaitable chose. Elle naît chaque fois qu’une douce illusion libère l’âme de ses pénibles soucis, et la rend aux diverses formes de la volupté. ”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature