Léon Riffard

Élements biographiques

Léon Riffard,  Contes et apologues (1888)

“ L'esclave Se reprend, s'analyse. Il scrute son malheur, Mêlé de jours heureux, malgré tout, c'est la vie!
Et s'il reste en son cœur un brin de poésie, Sur sa lèvre un souris, sous sa paupière un pleur, Il chante ! et sa chanson, que la muse encourage Parce qu'elle n'a rien d'un poème banal, Vécue, et cependant empreinte d'idéal, Ouvre l'aile soudain, et vole d'âge en âge !
Cet enfant, fils des Grecs, dans son petit bazar, Offre-un morceau de lave, et c'est un objet d'art.
Eh bien, offre au public un morceau de ta vie, Poëte, et que ce soit une œuvre de génie !
”
Source : Gallica

Léon Riffard,  Derniers sonnets (1901)

“ Sur le dernier versant de notre montagnette, En face de la plaine au vignoble vermeil, Parmi les amandiers qui bordent l'olivette, Un toit rouge apparaît qui reluit au soleil.
Mais les volets sont clos. L'absence ?... Le sommeil ?.. Plût à Dieu !... Elle est vide, hélas ! la maisonnette, Sans espoir de retour, sans espoir de réveil ! Aux pentes du perron pousse un pied de roquette.
Où donc est le rosier que nous avions planté ? De nos travaux d'enfant je retrouve la trace, Mais le thym, la lavande ont repris la terrasse.
Et de toutes nos fleurs pas un brin n'est resté!
”
Source : Gallica

Léon Riffard,  Contes et apologues (1888)

“ Quoi ! vous ne craignez pas de vous rompre une veine ?
— Et vous, qui nous venez de quelque bord lointain Perdu sous la zone torride, Sans autre repos en chemin Qu'un bout de mât, fuyant sur la plaine liquide, Lui répondit le rossignol, Vous que je vois d'ici, tantôt rasant le sol, Tantôt planant là-haut, par delà les nuages, Immobile au-dessus des vents et des orages, Quoi ! vous ne craignez pas de vous casser le col, A bout d'ailes un jour, ou de faire naufrage?
— Ma vie, à moi, n'est qu'un long vol.
”
Source : Gallica

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