Jacques Crétineau-Joly

Jacques Crétineau-Joly

Résumé

Portrait de Jacques Crétineau-Joly Jacques Crétineau-Joly Simples récits de notre temps (1860)

Il y a des distances qu'il ne faut jamais franchir, des préjugés que l'on doit toujours respecter. Vous appartenez à une noble famille, vous êtes prince, vous avez des aïeux sur le trône pontifical, d'autres encore sous la pourpre romaine. Cette union serait pour eux une honte ; pour vous, plus tard, peut-être un regret ; pour moi, sans doute, un remords.
— Eh ! que m'importent, à moi, ma famille et mes aïeux? Sais-tu, Benedetta, qu'il y a en moi assez d'énergie, assez de volonté, pour briser les obstacles ? J'ai vu le monde, j'ai voyagé.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Crétineau-Joly Jacques Crétineau-Joly Simples récits de notre temps (1860)

Mais quand mon patron, Anacharsis Clootz, tomba à son tour sous le couteau de l'égalité, de la fraternité et de la liberté, une pensée aussi décevante que terrible vint me frapper au coeur. Je ne voulus pas payer de mon sang les sacrifices que je m'étais si longtemps imposés pour l'auguste cause des peuples. J'abandonnai la partie, et d'un trait j'arrivai à Rome.
— A dater de ce jour-là, interrompt l'abbé, je connais votre vie, maître Mattéo Crémona, pour le moins aussi bien que vous, et s'il en coûtait trop à votre amour-propre de la raconter, je serais homme à me faire votre panégyriste.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Crétineau-Joly Jacques Crétineau-Joly Simples récits de notre temps (1860)

A Naples, comme dans le reste des grandes villes d'Italie, être prima donna applaudie, prima donna avec tous les charmes et toutes les supériorités qu'exige ce titre, c'est en quelque sorte exercer un droit de souveraineté, c'est régner par la plus douce des prérogatives, être tout à la fois l'orgueil d'un sexe et l'idole de l'autre, c'est épuiser, dans quelques brillantes années de victoires de toute espèce, d'enchantements de toute nature, les jouissances de l'amour-propre, les illusions de la coquetterie, les rêves de la gloire, dont n'ose même pas se bercer le coeur le plus ambitieux.
Source : Gallica

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