Résumé

Adèle de Reiset Souvenirs de la cour de Russie sous l'empereur Alexandre… (1856)

L'amant bien épris se refuse même à l'évidence dès qu'elle lui prouve la froideur de l'objet aimé ; et si la bouche adorée lui dit : Je vous aime ! l'univers entier lui crierait le contraire, qu'il ne croirait pas l'univers. Telle est la position d'Alexandre vis-à-vis de ma séduisante rivale ; il ne saurait nier, sans fermer les yeux exprès, son orgueil, son insatiable ambition, sa froide vanité, sa coquetterie proverbiale, son besoin effréné de conquêtes, mais à peine ses lèvres menteuses ont-elles repété : Je vous aime!
Source : Gallica

Adèle de Reiset Souvenirs de la cour de Russie sous l'empereur Alexandre… (1856)

Dieu n'est-il pas le père des orphelins? j'ai repoussé mon enfant, la Providence l'adopte ; elle lui prodigue des joies divines, un avant-goût du bonheur des anges; et quand le trépas vient planer sur sa tète, quand elle est condamnée à voir se flétrir dans sa fleur cette vie qui s'offrait si brillante à ses yeux , ce n'est pas elle qu'il faut plaindre , c'est moi, moi sa mère, moi malheureuse, qui n'obtiendrai pas même un regret de cette âme dont tous les soupirs s'élancent avec tant d'ardeur vers la voûte éthérée !
Source : Gallica

Adèle de Reiset Souvenirs de la cour de Russie sous l'empereur Alexandre… (1856)

J'aime à être adulée, j'en conviens; c'est un plaisir fort innocent; les hommages du monde m'enivrent, il est vrai, mais qu'importe, pourvu que cette ivresse éphémère ne dérange pas mon cerveau , ne me fasse commettre aucune faute? Tu me comprendrais, dis-tu , si j'aimais l'empereur? eh bien ! cesse de m'en vouloir, puisque je l'aime sincèrement, non pour ses qualités personnelles, mais pour l'éclat qui l'environne, pour la pourpre, pour le diadème dont il est revêtu. Cependant, mon amour n'est point assez grand pour me faire sacrifier mon honneur, mes principes; oui, Louise, mes principes.
Source : Gallica

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