“ «Je suis mort, dit-il à Arsène, et la partie est perdue. Mais tu peux fuir encore; pars!—Jamais, dit Arsène en se jetant sur lui; ils me tueront sur ton corps.—Et Marthe! répondit Laravinière, Marthe qui existe peut-être, et qui n'a que toi sur la terre! La dernière volonté d'un mourant est sacrée. Je te lègue l'avenir de Marthe, et je t'ordonne de sauver ta vie pour elle. Puisqu'il n'y a plus rien à faire ici, tu peux et tu dois te soustraire à ces bourreaux qui s'approchent, ivres de vengeance et de vin; pauvres soldats qui se croient vainqueurs cent contre un!» ”
George Sand
Résumé
"Horace", de George Sand, publié dans les années 1840, explore les tensions entre amour, amitié et dévouement à travers les destins entrelacés de personnages comme Horace, Marthe, Arsène et Eugénie. Ce roman, marqué par des dialogues émouvants et des conflits émotionnels, dépeint les enjeux sociaux et moraux de l'époque, notamment les sacrifices des femmes et les luttes des étudiants.
Les thèmes de la passion, de l'orgueil et de l'abnégation traversent l'œuvre, illustrés par des passages où les personnages confrontent leurs fragilités et leurs aspirations. Sand y mêle avec finesse les conflits familiaux et les réflexions sur la nature de l'amour.
Citations de Horace (George Sand)
George Sand,
Horace
(1842)
“ Demain, Eugénie ? Vous ne savez ce que c'est que d'attendre jusqu'à demain ! Passer toute la nuit avec la fièvre, avec le coeur gonflé, avec une insomnie qui compte les heures, les minutes ? avec cette horrible pensée impossible à chasser : il ne m'aime pas : et celle-ci plus affreuse encore : il n'est pas bon, il n'est pas généreux, je ne devrais pas l'aimer ! Oh ! non, vous ne connaissez pas cela, vous. – Mon Dieu ! s'écria Eugénie, vous comprenez que vous avez tort de l'aimer ; et quand il vous vient une lueur de raison, vous êtes impatiente de la perdre. ”
George Sand,
Horace
(1842)
“ Tu veux bien aller au Mont-de-Piété, toi ! Au Mont-de-Piété ! avec les femmes les plus viles, avec les filles perdues ! Ce serait la première fois de ta vie, n'est-ce pas ? réponds, Marthe ! Dis-moi que tu n'y as jamais été. – Quand j'y aurais été, je n'en serais pas plus humiliée pour cela. C'est une ressource dont toute la honte est pour la société. On y voit plus de mères de famille que de filles perdues, croyez-moi, et bien des pauvres créatures y ont jeté leur dernière nippe plutôt que de se vendre. – Ah ! tu y as été, Marthe ! ”
