“ Le connaisseur ne jugera pas d’après son sentiment, mais il cherchera dans le tableau même les motifs de son jugement. Par exemple, ce tableau est très brun ; puisqu’il est très brun, il faut qu’il y ait beaucoup de bitume ; puisqu’il y a beaucoup de bitume, il faut qu’il soit de l’école de Düsseldorf ; puisqu’il est de l’école de Düsseldorf, il doit être bon : le tableau est bon. Ainsi le véritable connaisseur arrive à la perfection, non seulement comme connaisseur, mais comme homme. Il se défie de ses sentimens et les comprime. ”
Citations sur le connaisseur
Eugène Van Overloop,
Exposition de photographies. II, Alexandre Colin…
(1902)
“ Colin, p 13) . marbre, où les plus petits détails de la nature et de la perspective sont observés. » Le travail en est admirable, mais, en définitive, « le connaisseur, dans un basrelief, ne cherche pas un tableau ». (DE RING, Alexandre Colin, né à Malines en 1527. MESSAGER DES SCIENCES HISTORIQUES, année 1844, p. 98 et 99.) ”
Richard Wagner,
Dix Écrits de Richard Wagner
“ Or, dans une telle disposition d’esprit, rien ne me révolte plus que de voir un fat à l’oreille dédaigneuse qui s’indigne contre ces petits accidents, et qui s’en ira demain admirer au théâtre les roulades discordantes de quelque cantatrice en renom, qui blessent tout à la fois les nerfs et l’âme. C’est que chez les connaisseurs au goût si subtil et si superbe, la musique n’est qu’une affaire d’oreilles, souvent même ils n’en jugent que par les yeux. ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ De Coninck se releva bientôt, et, pendant que le silence durait encore, il dit à haute voix, afin qu’un grand nombre pussent l’entendre : — Frères, aujourd’hui le soleil nous envoie une plus belle lumière, l’air est pur dans notre cité ; l’haleine des étrangers ne le corrompt plus ! ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ Quand on lance une pierre dans une eau dormante le mouvement se propage en cercles tremblants sur toute la surface. La pensée et l’intention de de Coninck se répandit de même dans la multitude des citoyens qui l’entouraient, bien que la plupart ne pussent le voir. ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ Le sang de nos pères libres a coulé à flots pour vos autels, ils sont morts dans les sables de l’Arabie avec votre nom sacré sur les lèvres ; oh ! ne souffrez pas que leurs fils s’abâtardissent sous le joug de l’étranger, afin que les temples qu’ils vous ont élevés ne soient pas remplis de vils esclaves ! De Coninck avait fait cette prière au Seigneur dans le fond de son âme ; mais Dieu lit dans le cœur de l’homme. Il trouva dans le héros flamand toute la générosité et toute l’intelligence dont il l’avait doué, et il laissa tomber sur de Coninck un rayon émané de lui. ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ Je vous assure que vous ne sortirez pas avec cette hache. Vous m’êtes un ami trop cher et je me fais un devoir de vous garder de tout malheur. — Laissez-moi passer, ô maître Pierre, cria le doyen des bouchers ; je vous en supplie, laissez-moi sortir : vous m’affligez sans pitié. — Non, je suis inexorable. Songez que vous n’êtes pas votre maître, que vous ne pouvez risquer votre vie ! ô mon maître, Dieu vous a doué d’une plus grande âme et la patrie a nourri en vous des membres plus puissants pour faire de vous le rempart de la liberté commune. ”
Georges d' Heylli, Cotillon III (1867)
“ Et "voici la conclusion, spécialement à l'adresse du roi : Une fois dans ta vie, écoute donc un sage, Connais ce qu'est écrit au livre du destin : « Qui met sa confiance en un homme sans tête « Et qui peut croire une catin « Ne sera jamais qu'une bête ! » ”
George Sand,
Constance Verrier
“ Enfin, chère Constance, mon bon ange, dit la Mozzelli d’une voix douce comme la brise, je peux résumer trois mois de ma vie comme vous résumez toute la vôtre. J’aime ! j’aime un être pur, grand, sensible, passionné ! ”
“ Le champ de l’invention serait la formation des résolutions par lesquelles une personne choisit son bonheur ou son malheur. En ces deux choses, intrigue et psychologie, consiste toute la tragédie classique, en tant que commune à Corneille et à Racine. ”
Lucien Perey, La fin du XVIIIe siècle, le duc de Nivernais… (1891)
“ D'aimer jamais si je fais la folie Et que je sois le maître de mon choix, Connais, Amour, celle qui sous tes lois Pourra fixer le destin de ma vie. Je la voudrais moins belle que gentille ; Trop de fadeur suit de près la beauté. ”
Ludwig von Döderlein,
Manuel de synonymie Latine
(1865)
“ Consors, v. Socius. Conspectus, conspicere, v. Videre. Constat. Apparet. Elucet. Liquet.Constat veut dire : c’est une vérité démontrée et établie, par opposition à un songe creux, à un bruit incertain ; apparet, elucet et liquet signifient : c’est une chose claire et évidente. Apparet associe à cette idée l’image d’une apparition qui se détache sur un fond ; elucet, celle de la lumière qui jaillit de l’obscurité ; liquet, celle d’une eau qui dégèle et redevient limpide. ”
“ Consuelo, s’écriait-il, tu connais le chemin de mon âme. Tu possèdes la puissance refusée au vulgaire, et tu la possèdes plus qu’aucun être vivant en ce monde. Tu parles le langage divin, tu sais exprimer les sentiments les plus sublimes, et communiquer les émotions puissantes de ton âme inspirée. ”
Laure Conan,
À l’œuvre et à l’épreuve
“ Il possédait la langue des sauvages à un degré si éminent qu’ils l’admiraient eux-mêmes. Il entrait si avant dans les cœurs et avec une éloquence si puissante, qu’il les ravissait tous à soi ; son visage, ses yeux, son rire même, et tous les gestes de son corps prêchaient la sainteté. ”
H. Emile Chevalier, Jacques Cartier
“ Le coeur de Constance battit plus fort. Ses yeux se fixèrent dans la direction du son et fouillèrent l'ombre.Une forme flottante s'estompe dans les ténèbres. Elle en brise l'unité. Elle s'avance. Elle est silhouette. Constance respire à peine. Sa main se pose sur son sein pour en comprimer les battements.La silhouette s'arrête sous la fenêtre. Aussi légère que le frou-frou d'une aile d'oiseau, une tousserie part d'en-bas. Semblable note lui répond d'en haut. Ces signaux ont confirmé la divination de deux âmes. Constance est dans les bras de Georges. ”
Benjamin Disraeli,
La jeune Angleterre. Volume 1
(1846)
“ Coningsby admira la Fille de l'Étoile. Ses proportions d'une symétrie et d'une élégance parfaites, son poil brun doré, sa noire crinière, ses jambes de gazelle , ses oreilles courtes, son oeil noir parlant, sa queue digne d'un pacha. Et qui était son maître? où allait-elle le porter? Coningsby avait trop de civilité naturelle pour que la curiosité seule lui donnât le désir de savoir cela ; c'était un sentiment plus noble, cependant il hésita à prononcer : — Je suis fâché de vous quitter. — Je le suis aussi de me séparer de vous. Mais la vie est une suite de séparations. ”
Maurice Paléologue,
Vauvenargues
“ Depuis que j’entends raisonner sur le goût, lui disait-il, je n’ai rien vu de si fin et de si approfondi que ce que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire. Il n’y avait pas quatre hommes, dans le siècle passé, qui osassent s’avouer à eux-mêmes que Corneille n’était souvent qu’un déclamateur ; vous sentez, monsieur, et vous exprimez cette vérité, en homme qui a des idées bien justes et bien lumineuses. ”
Claude Alloüez, Récit des voyages et des découvertes du R. P. Jacques Marquette de la Compagnie de Jésus… (1855)
“ Voicy mon fils que je te donne pour te faire connoistre mon Coeur, je te prie d'avoir pitié de moy, et de toute ma Nation, C'est toy qui connoist le grand Genie qui nous a tous faits, C'est toy qui Luy parle et qui escoute sa parole, demande Luy qu'il me donne la vie et la fanté, et vient demeurer avec nous, pour nous Le faire connoistre. ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ Quand ils s’y trouvèrent en grand nombre, ils se rangèrent autour de de Coninck, pour recevoir ses instructions. Le doyen des tisserands commença en ces termes : — Frères, le soleil d’aujourd’hui doit éclairer notre liberté ou notre mort. Réunissez donc tout le courage que peut vous inspirer l’amour de la patrie : songez que vous allez combattre pour la ville où reposent les ossements de vos pères, où s’est trouvé votre berceau. ”
Adjutor Rivard,
Manuel de la parole
“ C’est grâce aux liaisons que tous les mots d’une phrase coulent et glissent, se succèdent sans effort et sans heurt. 270. — La liaison des mots n’a lieu que dans les rencontres de deux voyelles, ou d’une consonne et d’une voyelle. Deux mots, dont le premier finit et dont le second commence par une consonne, ne peuvent se lier. — Ex. : grand Dieu. — De même, un mot terminé par une voyelle ne peut se lier à un autre commençant par une consonne. — Ex. : Dieu puissant. ”
Nicolas Boileau,
Oeuvres poétiques de Boileau Despréaux
(1855)
“ Sans doute, les mots surannés dont Konsard abonde viennent trop souvent gâter l'impression de ses pièces. Disons, toutefois, que l'invention chez lui étant à peu près nulle, c'est par le style encore qu'il se rachète le plus à notre jugement, et qu'il est véritablement créateur, c'est-à-dire poète." (Voir, sur Konsard, Tableau de la poésie française au seizième siècle, par M. Sainte-Beuve.) ”
Laure Conan,
À l’œuvre et à l’épreuve
“ Lui, si intelligent, c’est vraiment étrange comme il n’avance pas dans la connaissance de la langue ! — Tout ce qui tient aux sauvages répugne à son esprit, comme à son cœur... Leurs habitudes... leur entretien... tout ce qui vient d’eux lui inspire un dégoût sans nom... ”
Étienne Bonnot de Condillac,
Traité des sensations
“ Quand plusieurs Sensations distinctes & coexistantes sont circonscrites par le toucher dans des bornes, où le moi se répond à lui-même, elle prend connoissance de son corps ; quand plusieurs Sensations distinctes & coexistantes sont circonscrites par le toucher dans des bornes, où le moi ne se répond pas, elle a l’idée d’un corps différent du sien. ”
George Sand,
Le Compagnon du tour de France
(1841)
“ Je le crois bien, répondit le Corinthien avec amertume ; tu travailles pour quelqu'un qui en vaut la peine. – Je travaille pour l'art, répondit Pierre. – Non, répondit brusquement le Corinthien, tu travailles pour celle que tu aimes. ”
Romain Rolland,
Le Buisson ardent
“ Vous qui avez la bouche pleine de vos classiques, souvenez-vous de votre Corneille : « Moi seul, et c’est assez. » Votre désir d’un maître déguise votre faiblesse. La force est comme la lumière : aveugle qui la nie. ”
Alfred Delvau,
Dictionnaire érotique moderne
(1864)
“ Quelques auteurs désignent, par le mot connasse, une femme honnête. Les femmes inscrites comme filles publiques à la police désignent souvent aussi par le nom de connasse les filles qui font habituellement la vie et qui craignent de se faire inscrire. ”
Pierre Corneille,
Œuvres de P. Corneille
“ CLÉANDRE, à Phylis. N’achèverez-vous point ? PHYLIS. N’achèverez-vous point ? J’ai fait, et vous vais suivre. Adieu : par mon exemple apprends comme il faut vivre, 1480Et prends pour Alidor un naturel plus doux. (Cléandre, Doraste, Phylis et Lycante rentrent.) ANGÉLIQUE. Rien ne rompra le coup à quoi je me résous : Je me veux exempter de ce honteux commerce Où la déloyauté si pleinement s’exerce ; Un cloître est désormais l’objet de mes desirs : L’âme ne goûte point ailleurs de vrais plaisirs. ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ Il ne demeura dans cet état que quelques instants ; bientôt un rauque soupir déchira sa gorge. Il s’élança désespéré vers ses compagnons, et, levant les deux bras au ciel, il s’écria d’une voix brisée : — Oh ! malheur ! malheur !... ma pauvre vieille mère ! mon infortunée sœur ! À ces mots, il se jeta dans les bras de de Coninck, et, épuisé de forces, s’appuya sur le sein de son ami. Il promenait autour de lui des yeux égarés, et faisait frémir tous les spectateurs d’angoisse et de pitié. ”
Anonyme, La Rhétorique des putains (1794)
“ C’est le participe du verbe congeler, qui se dit de l’action par laquelle le froid durcit les liqueurs... Con – gelé ; ah ! c’est le mien, mademoiselle ! ANGÉLIQUE Chacun son tour, ma bonne ! MARTHE Conjoint, conjouir, conjouissance. Il est trop aisé de tourner ces mots ; c’est pourquoi je ne m’y arrête pas. Conquête. C’est l’action de conquérir et la chose conquise ; et en termes de galanterie, ce mot signifie la conquête des cœurs... Con – quête ; c’est un con qui est à jeun, et cherche un bon restaurant ; il est vide et cherche à être rempli ; il brûle et cherche à être rafraîchi. ”
Alfred Delvau,
Dictionnaire érotique moderne
(1864)
“ Petits cons. Synonymes: l’anneau, le bijou, le petit centre, le conin, le conichon, l’hiatus divin, le petit lapin, la pissette, le trou chéri, etc. etc. Voici le pour : Dans un petit con de jeunesse, Qui n’entend ruse ni finesse, Jamais je ne vais que le pas. ”
Victor Cousin,
Fragments philosophiques (2e édition…
(1855)
“ Le système de Condillacest la sensation transformée, devenant successivement la conscience, la mémoire, l'attention, toutes les facultés, et engendrant toutes les idées. Mais qu'est-ce que la sensation? Le mot sensation n'est qu'un substantif abstrait, et un substantif abstrait est un adjectif auquel on a prêté une forme substantive. ”
Mme William de Coninck, Enfants et animaux (2e édition… (1885)
“ PHILIPPE. — Comment le saura-t-elle, à moins que tu ne sois assez nigaud pour le lui dire? D'ailleurs nous serons de retour pour les classes de l'après-midi ; ainsi nous pourrons bien dire que nous avons été à l'école. MARCEL. — C'est égal, cela serait toujours une espèce de mensonge. Et puis, vois-tu ! j'ai peur que nous ne nous perdions dans le bois, et qu'il n'y ait par là de méchantes bêtes. PHILIPPE. — C'est cela ! c'est par poltronnerie que monsieur ne veut pas venir, et il fait semblant d'être plus obéissant que moi. ”
Victor Hugo,
Oeuvres complètes de Victor Hugo…
(1934-1937)
“ Ces deux exemples prouvent la flexibilité du talent de Corneille. Vous admirez dans le premier toute l'énergie de l'ancien langage, avec plus d'harmonie ; et dans le second vous retrouvez toute la grâce du vieux style, avec plus d'élégance. C'est ainsi que Corneille perfectionnait l'idiome de Marot et de Ronsard ; voyez aussi comme partout il sait se rendre maître de la langue qu'il a créée. ”
Jules Vallès,
L’Enfant
(1884)
“ On veut enseigner aux enfants ce que c'est qu'un cône, comment on le coupe, le volume de la sphère, et on leur montre des lignes, des lignes! Donnez-leur le cône en bois, la figure en plâtre, apprenez-leur cela, comme on découpe une orange ! — De la théologie, tout leur vieux système ! Toujours le bon Dieu! le bon Dieu ! ”
Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813
“ De temps en temps un conscrit sortait, la face gonflée de sang, attachant son numéro sur son bonnet, et s’en allant la tête basse à travers la foule, comme un taureau furieux qui ne voit plus clair, et qui voudrait se casser les cornes au mur. ”
Henri Lebesgue,
Les Coniques
(1942)
“ En nous rappelant quelques points de l'histoire de la Science et de celle de l'Enseignement secondaire (E. S.) , nous verrons qu'il s'agit bien d'un remords et nous nous expliquerons les faits signalés et tout le déséquilibre de nos cours que mettent bien en évidence des renversements de valeurs comme le suivant : Il est capital de prouver que toute conique est une section conique, donc d'étudier si une conique donnée peut être placée sur un cône de révolution. ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ Le corinthien, par l’emploi le plus abondant, le plus diversifié de tous les détails d’ornemens, sur sa base, son fût, son chapiteau et toutes les parties de son ordonnance, sait établir entre ses proportions et ses formes, cet accord qui lui donne la propriété d’exprimer les qualités de magnificence, de richesse, de légèreté, etc. ”
Henry Murger,
Scènes de la bohême , par Henry Murger
(1851)
“ Puisque je fais ici les fonctions de rapporteur, dit Colline en se levant, je soutiendrai les conclusions de mon rapport. La jalousie qui le dévore égare les sens de notre ami Marcel, le grand artiste est insensé. ”
Pierre Corneille,
Oeuvres de Pierre Corneille
(1883)
“ CLÉOPATRE. Pour un esprit de cour, et nourri chez les grands, Tes yeux dans leurs secrets sont bien peu pénétrants Apprends, ma confidente, apprends à me connaître. Si je cache en quel rang le ciel les a fait naître, Vois, vois que, tant que l'ordre en demeure douteux, Aucun des deux ne règne, et je règne pour eux : Quoique ce soit un bien que l'un et l'autre attende, De crainte de le perdre aucun ne le demande ; Cependant je possède, et leur droit incertain Me laisse avec leur sort leur sceptre dans la main : Voilà mon grand secret. ”
Mary Gay, Albertine de Saint-Albe (1818)
“ Aimable Constance, vous qui savez si bien peindre les sentimens affectueux, et qui venez de prouver à ma mère que vous saviez aussi les mettre en pratique, pourquoi ne consentez-Vous pas à faire le bonheur d'Arthur s'il vous a inspirée l'intérêt? Placez-vous dans la société de manière à exercer toutes les vertus qui vous distinguent. ”
