Résumé

A. Sp. Revue des Deux Mondes

Je n’aime pas les États-Unis, parce que la vie intellectuelle y est inconnue, que l’argent n’y sert qu’à gagner de l’argent, et qu’il n’y a point de place pour le poète, le peintre, le musicien, et autres fainéans que nous aimons tant, vous et moi ; que la poésie n’y peut plus même se promener seule, indépendante et rêveuse, aujourd’hui que les vieilles forêts, son dernier sanctuaire, tombent sous la hache de cette civilisation sauvage.
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A. Sp. Revue des Deux Mondes

M. Hœring dit entre autres choses : « C’en serait fait de tout ce qui relève et anoblit la vie, de tout ce qui nous donne du courage pour vivre, s’il fallait attendre, pour penser aux belles et grandes choses, qu’on eût mis fin à toutes les misères de ce monde. » Il a parfaitement raison : le mal existe dans une telle proportion et de telle sorte, que nos efforts pour le détruire d’un côté ne servent trop souvent qu’à l’augmenter de l’autre. Nous ignorons pourquoi, et c’est la pierre d’achoppement de toutes les philosophies.
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A. Sp. Revue des Deux Mondes

Peut-être aura-t-il pensé alors, comme nous, qu’il suffirait d’une armée de Lorrains et d’Alsaciens pour défendre l’Alsace et la Lorraine, même contre la Prusse. En somme, M. Hœring devrait reconnaître, à sa crainte même de la tendance du siècle, ce symptôme de nécessité fatale et irrésistible qui a toujours rendu les événemens plus forts que les hommes. Qu’il se résigne donc en se souvenant que les masses ont la conscience du but même qu’elles ne connaissent pas, et que les intérêts généraux font toujours justice des extravagances excentriques.
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