Résumé

Ferdinand Antoine Étude sur le Simplicissimus de Grimmelshausen… (1882)

La bourgeoisie et le peuple, mêlés aux événements, à la réalité, ne peuvent goûter les fades inventions des romans de chevalerie, des bergeries et des romans héroïques. De toutes parts on s'élève contre ce qui est fiction pure, c'est-à-dire, mensonge. De là la nécessité de passer du roman à l'histoire vraie, de la fiction à la vraisemblance, du mensonge historique à la vérité contemporaine. Ce n'est plus le merveilleux, mais le vrai ou le vraisemblable qui doit être l'âme du roman.
Le règne des Amadis est passé, place aux héros du peuple.
Source : Gallica

Ferdinand Antoine Étude sur le Simplicissimus de Grimmelshausen… (1882)

Simplicissimus est la peinture fidèle des mœurs de cette époque, la plus triste de l'histoire de l'Allemagne. C'est une peinture, donc c'est une satire. L'histoire de certains faits, présentée avec l'indifférence apparente de l'humoriste, en est parfois la satire sanglante.
Le Simplicissimus est une satire, comme Gil Blas et comme Don Quichotte. Mais l'intention est moins évidente et moins avouée. Grimmelshausen est satirique par cela seul qu'il est peintre des mœurs. La satire est de fait ; elle n'est pas intentionnelle. La satire, en effet, renferme un enseignement direct et positif.
Source : Gallica

Ferdinand Antoine Étude sur le Simplicissimus de Grimmelshausen… (1882)

La satire devient une arme terrible, on entend partout siffler ses traits. Le XVIe siècle en Allemagne est le siècle des idées : le XVIIe en est la conséquence matérielle et brutale ; les idées se traduisent en actes. Aussi quelle force et quelle hauteur atteint au XVIe siècle la littérature satirique, avec son Brant, son Hutten, son Murner, son Fischart, son Hans Sachs ! C'est bien là l'époque critique et tourmentée où se déchire en deux la vie d'un peuple et où se creuse l'infranchissable abime entre le passé et l'avenir.
Source : Gallica

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