Hendrik Conscience

Hendrik Conscience

Le Lion de Flandre (1838 (NL))

Résumé

Portrait de Hendrik Conscience Hendrik Conscience Le Lion de Flandre (1838 (NL))

Je suis ce Lion que tu aimes, ce père que tu appelles.
— Vous, le Lion ? répondit Mathilde avec mépris, vous le Lion ? Ô calomniateur ! Non, le Lion parle flamand... N’entends-je pas que la langue de la reine Jeanne est dans votre bouche ? cette langue qui flatte et trahit. Le Lion est allé aussi, on lui disait : venez ! et une chaîne..., un cachot, une vaisselle d’or et du poison. Ô France ! France ! son sang !... et moi aussi, moi son enfant ; mais vous ne savez donc pas que la tombe est un refuge ? une âme près de Dieu, dans le ciel, ne peut être déshonorée !
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Portrait de Hendrik Conscience Hendrik Conscience Le Lion de Flandre (1838 (NL))

Le doyen des tisserands secoua la main de Breydel et reprit :
— Et alors, mon héroïque ami Breydel, ô alors le soleil de la liberté ne brillera plus en Flandre pour aucun Français ! Et, par crainte de notre vengeance, ils nous rendront le Lion. À nous, à nous, fils de Bruges, la Flandre devra sa délivrance ! Votre esprit n’est-il pas plein de la plus noble fierté à cette conviction ?
Breydel embrassa de Coninck avec une joie fébrile.
— Mon ami, ô mon ami ! s’écria-t-il, vos paroles me touchent le cœur : un sentiment inconnu m’élève ; je suis l’homme le plus heureux de la terre ! Ô patrie !
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Portrait de Hendrik Conscience Hendrik Conscience Le Lion de Flandre (1838 (NL))

La hache ou la douleur avait-elle mis fin à sa vie ?
Tout à coup la porte s’ouvrit, et Breydel se montra devant eux, sans paraître s’apercevoir de leur présence. Personne ne parla, car les traits du doyen avaient une expression qui glaçait le cœur et ôtait la parole. Il était d’une pâleur livide, ses yeux se promenaient autour de lui avec égarement, et de nombreux témoins remarquèrent que deux doigts de sa main droite étaient tachés de sang. Personne n’osait l’approcher ; — ses yeux lançaient la mort, et chacun de ses regards pénétrait comme une flèche dans l’âme de ceux qui l’entouraient.
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