Résumé

Anonyme La Rhétorique des putains (1794)

ANGÉLIQUE Voilà bien du sérieux ! Je vous prie, ma bonne, de prendre un ton plus doux, badin même, si vous voulez que je vous écoute à mon aise.
MARTHE Je veux vous obéir. Pourquoi avons-nous des yeux ? Pour voir... Pourquoi des oreilles ? Pour entendre... Pourquoi une bouche ? Pour parler et manger... Et pourquoi donc l’autre bouche ? si ce n’est pour la convittraction ?... L’envie nous prend de promener çà et là nos regards, et de contenter notre curiosité, et nous le faisons ; et il n’y a que les aveugles qui, par malheur, sont privés de ce plaisir...
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Anonyme La Rhétorique des putains (1794)

J’étais encore fille ; il se moquait d’un vœu que son cœur n’avait pas prononcé, et que Dieu n’avait point reçu. Mais il respectait, jusqu’à un certain degré, les préjugés des hommes fous qui font consister l’honneur dans une chose qui contrarie le premier vœu de la nature. Il était constamment maître de sa passion et de lui-même, et savait toujours prendre et donner un plaisir pur et raisonné. Voilà le seul homme que j’aime et que j’aimerai autant que je vivrai.
ANGÉLIQUE Je l’admire et je l’estime ; vous serez heureuse avec lui.
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Anonyme La Rhétorique des putains (1794)

« Si ces hommes faits selon le cœur de Dieu avaient tant de filles soumises à leur sceptre et à leurs volontés, comment se peut-il que la fornication soit un péché ? »
MARTHE Savez-vous, mademoiselle, que vous raisonnez fort bien. Il est vrai que ces œuvres d’humanité, selon nos préjugés, ne devraient pas, à la rigueur, porter le nom de fornication, mais plutôt celui d’adultère ; car ces monarques dont je vous ai parlé, sont mariés, comme l’étaient les deux rois que vous venez de nommer. Mais comme il s’agit de convittraction entre hommes et filles, le nom de fornication n’y sied pas mal.
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