Jean-Charles Gervaise de Latouche

Jean-Charles Gervaise de Latouche

Résumé

Portrait de Jean-Charles Gervaise de Latouche Jean-Charles Gervaise de Latouche Le Portier des Chartreux

Ciel ! ai-je pu penser à un homme aussi lâche ? — Monique, reprit-il tristement, à quoi veux-tu réduire ton amant ? — Ingrat, lui répondis-je, quand je surmonte l’horreur de te voir dans les bras de ma rivale ; quand, pour me livrer à toi, pour jouir du plaisir de te voir, pour recevoir enfin tes caresses, je sacrifie ma gloire, j’immole à ton bonheur ce que j’ai de plus cher, tu trembles ! Ai-je plus de force que toi ? Non ; mais tu n’as pas tant d’amour. — C’en est fait, me dit-il alors, tu triomphes ; j’ai honte de moi-même, et nos cœurs doivent être sans remords.
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Portrait de Jean-Charles Gervaise de Latouche Jean-Charles Gervaise de Latouche Le Portier des Chartreux (1741)

Suzon y reprit dans le moment l’empire que les caresses de madame Dinville lui avaient enlevé. Je ne pouvais concevoir que sa maîtresse eût fasciné mes yeux et mon cœur au point de ne voir qu’elle, de n’être sensible qu’au plaisir d’être avec elle, et j’avais la simplicité de regarder comme l’effet de quelque sortilège ce qui n’était que celui de mon tempérament et de l’attrait des plaisirs.
— Suzon, dis-je à ma sœur d’un ton pénétré, tu pleures, ma chère Suzon ; tes yeux se couvrent de larmes quand tu me vois ; est-ce moi qui les fais couler ?
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Portrait de Jean-Charles Gervaise de Latouche Jean-Charles Gervaise de Latouche Le Portier des Chartreux (1741)

Verland, repris-je, mon cher Verland, je lis votre douleur dans vos yeux, mon cœur en est lui-même déchiré ; plaignez-moi, plaignez-vous d’un défaut de courage qui nous arracherait pour toujours à notre passion, si le désespoir ne m’avait fait trouver un moyen de nous conserver l’un à l’autre. Quand je vous demande si vous m’aimez, ce n’est pas que je doute de votre amour, mais je tremble que vous ne vouliez pas m’en donner la seule preuve qui puisse m’en assurer... Arrêtez, lui dis-je, voyant qu’il voulait parler, vous voulez me faire des reproches, vous ne m’en feriez que d’injustes.
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