John Cleland

John Cleland

La Fille de joie (1748-1749)

Résumé

Portrait de John Cleland John Cleland La Fille de joie (1748-1749)

La douce chaleur de ma main rendit bientôt mon amant intraitable ; il me retira d’entre les doigts ce précieux joyau, & le plongea de nouveau dans ma blessure, alors ouverte pour la vie. Je n’y sentis presque plus de douleur. Toutes les membranes, que la violence de ses assauts avoient dilatées, obéissantes & souples maintenant, ne sembloient se resserrer que pour donner du plaisir & en recevoir.
S’il est vrai que l’on meurt quelquefois de joie, c’est un miracle que je ne sois point expirée dans de si délicieuses agonies.
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Portrait de John Cleland John Cleland La Fille de joie (1748-1749)

Ces éloges, quoique grossiers, me plurent infiniment, & contribuerent à dissiper la crainte que j’avois de me trouver seule à la discrétion de mon nouveau Souverain ; crainte où l’amour avoit plus de part que la pudeur. Je souhaitois, je brûlois d’impatience de me trouver seule avec lui, je serois morte pour lui plaire, & pourtant je ne sais comment, ni pourquoi, je craignois le point capital de mes plus ardens desirs. Ce conflit de passions différentes, ce combat entre l’amour & la modestie, me firent pleurer de nouveau.
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Portrait de John Cleland John Cleland La Fille de joie (1748-1749)

L’aimable Polly laissa échapper, en cet instant, un profond soupir, qui n’étoit rien moins qu’occasionné par la douleur. Le héros pousse, elle répond en cadence à ses mouvemens ; mais bientôt leurs transports réciproques augmentent à un tel degré de violence, qu’ils n’observent plus aucune mesure. Leurs secousses étoient trop rapides & trop vives, leurs baisers trop ardens pour que la nature y pût suffire : ils étoient confondus, anéantis l’un dans l’autre.
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