Résumé

Anonyme Eléonore ou l’Heureuse personne (1799)

Mais il est, entre notre existence et la tienne, une si grande différence ! la durée de notre vie surpasse tellement la vôtre ! un seul de nos jours comprend un grand nombre de vos années, presque votre vie entière. Et pendant l’espace qui répond à votre nuit, et que remplit un sommeil nécessaire, votre vie s’écoule, et à notre réveil, l’objet de nos affections n’existe plus ou n’est plus lui-même. Ainsi pour nous le plaisir, le bonheur est un songe. Quoi, s’écria Eléonore, j’ai connu le bonheur, et c’est pour vivre désormais dans les regrets !
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Anonyme Eléonore ou l’Heureuse personne (1799)

Il la quitta, et toujours occupé de la même fantaisie, il se mit à rêver aux moyens de les satisfaire.
Lorsqu’épris d’une jeune beauté encore innocente, ou que, vous-même timide, ou par inexpérience, ou par excès d’amour, vous cherchez un instant qui n’effarouche pas trop son innocence ou votre timidité, vous choisissez celui où une compagnie peu attentive, ou trop occupée sauve l’effroi d’un tête-à-tête ; là, vous parlez : et la belle, bien sûre que vous ne pouvez entreprendre davantage, vous écoute. Vous-même, moins embarrassé du dénouement, vous parlez mieux.
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Anonyme Eléonore ou l’Heureuse personne (1799)

Eléonor connaissait trop bien et l’art d’aimer, et l’art de plaire, pour ignorer ces consolantes vérités. Mais uniquement occupé de ses desirs et de tout ce qu’il voyait ; indécis s’il devait agir ou parler, et même de ce qu’il devait faire, il restait en suspens et laissait Adèle dans l’attente. Elle détourna la tête ; sa bouche à demi-ouverte, le bout d’une langue appelait un baiser. Ses yeux humides sollicitaient mieux encore. Il abandonna tout, pour donner ce baiser, puis se mit en posture convenable à la circonstance.
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