Nicolas Chorier

Résumé

Nicolas Chorier L’Académie des dames (1660)

Tullie. Je t’entends bien ; tu tires ces vérités de la chaleur avec laquelle tu as soutenu les assauts de Pamphile : tu ne serois pas fille de Sempronie, si tu n’étois aussi amoureuse qu’elle ; & tu n’aurois aucun rapport avec ta mere, si tu n’avois du penchant pour le plaisir.
Octavie. C’est une marque de sa vertu, de ce qu’elle a si bien surmonté cette foiblesse : car quelque inclination qu’elle ait eue pour le divertissement, elle n’a jamais rien fait qui puisse la faire passer pour une femme lubrique.
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Nicolas Chorier L’Académie des dames (1660)

Cléante. Ouvrez donc, ma Vénus, ma Déesse, mon cœur, mon Amour, ouvrez vos cuisses, & me faites voir le chemin qui conduit à la gloire.
Tullie. Vous voilà bien empêché, ouvrez-les vous-même.
Cléante. Eh bien, je tiens la clef à la main : mais voici deux chemins & deux portes ; laquelle est-ce qui doit me donner entrée ?
Octavie. Ah ! je vous prie, Cléante, ne cherchez rien là ; votre clef n’est pas faite pour une petite serrure.
Cléante. Ne vous plaignez point, Octavie, je n’en veux qu’à cet endroit ; c’est ma partie mignonne & favorite, pour laquelle je veux employer tout mon amour.
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Nicolas Chorier L’Académie des dames (1660)

Octavie. Quoi ! déja deux fois, Medor ? & moi aussi deux. Non, ah, ah, je décharge encore ; ce sont trois : ah ! c’est assez.
Medor. Je ne crois pas, adorable Octavie & charmante Tullie, qu’on puisse trouver deux Dames plus savantes & plus luxurieuses que vous ; il est impossible de goûter plus parfaitement le plaisir, quand même on jouiroit des Graces toutes nues : je veux mourir, si Vénus même, qui est l’inventrice de tout ce qu’il y a de plus piquant dans la volupté, eût pu jamais s’imaginer une posture si ingénieuse que celle que vous avez inventée.
Cléante.
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