Résumé

Erckmann-Chatrian,  Histoire d’un conscrit de 1813

“ « Catherine ! » Alors elle, tournant la tête, s’écria : « Joseph... tu me reconnais ? — Oui », lui dis-je en étendant la main. Elle s’approcha toute tremblante, et je l’embrassai longtemps. Nous sanglotions ensemble. Et, comme le canon se remettait à gronder, tout à coup cela me serra le cœur. « Qu’est-ce que j’entends, Catherine ? demandai-je. — C’est le canon de Phalsbourg, fit-elle en m’embrassant plus fort. — Le canon ? — Oui, la ville est assiégée. — Phalsbourg ?... Les ennemis sont en France !... » ”
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Erckmann-Chatrian,  Histoire d’un conscrit de 1813

“ Quand on a combattu seul contre tous les peuples de l’Europe — toujours un contre deux et quelquefois contre trois —, et qu’on a fini par succomber, non sous le courage des autres, ni sous leur génie, mais sous la trahison et le nombre, on aurait tort de rougir d’une pareille défaite, et les vainqueurs auraient encore plus tort d’en être fiers. Ce n’est pas le nombre qui fait la grandeur d’un peuple ni d’une armée, c’est sa vertu. Je pense cela dans la sincérité de mon âme, et je crois que les hommes de cœur, les hommes sensés de tous les pays du Monde penseront comme moi. ”
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Erckmann-Chatrian,  Histoire d’un conscrit de 1813

“ Depuis longtemps, d’autres, dans les voitures, s’étaient mis à crier, à rêvasser, à parler de leur mère, à vouloir se lever et sauter sur le chemin. Je ne sais pas si je fis les mêmes choses; mais je m’éveillai comme d’un mauvais rêve, au moment où deux hommes me prenaient chacun par une jambe — les bras autour de mes reins -, et m’emportaient en traversant une place sombre. Le ciel fourmillait d’étoiles, et, sur la façade d’un grand édifice, qui se détachait en noir au milieu de la nuit, brillaient des lumières innombrables : c’était l’hôpital du faubourg de Hall, à Leipzig. ”
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