Adrien Bourgogne,
Mémoires sur la campagne de Russie en 1812
(1856)
“ J'avais tout supporté avec un courage et une patience qui étonnaient mes camarades. Ni la faim ni le froid ne me faisaient peur ; j'avais tout bravé. Je devançais presque toujours le régiment, afin de mieux me reposer en l'attendant. Depuis les sanglantes affaires de Krasnoë; depuis que j'avais vu Beloque et Capon ensevelis sous la neige ; enfin, après avoir encore appris que deux véliles do mes amis avaient été tués, je vis avenir un traîneau qui s'arrêta près de moi : je demandai aux hommes qui le conduisaient quel était le blessé qui s'y trouvait ; il me dirent que c'était un officier. ”
