Résumé

Portrait de Adrien Bourgogne Adrien Bourgogne Mémoires sur la campagne de Russie en 1812 (1856)

J'avais tout supporté avec un courage et une patience qui étonnaient mes camarades. Ni la faim ni le froid ne me faisaient peur ; j'avais tout bravé. Je devançais presque toujours le régiment, afin de mieux me reposer en l'attendant.
Depuis les sanglantes affaires de Krasnoë; depuis que j'avais vu Beloque et Capon ensevelis sous la neige ; enfin, après avoir encore appris que deux véliles do mes amis avaient été tués, je vis avenir un traîneau qui s'arrêta près de moi : je demandai aux hommes qui le conduisaient quel était le blessé qui s'y trouvait ; il me dirent que c'était un officier.
Source : Gallica

Portrait de Adrien Bourgogne Adrien Bourgogne Mémoires sur la campagne de Russie en 1812 (1856)

En m'approchant de ce malheureux, je m'aperçus qu'il était amputé de la cuisse gauche ; je lui demandai à quel régiment il appartenait ; il ne me répondit pas. Je cherchai sa bouche et j'y fis entrer avec peine un morceau de sang glacé. Le second corps qui était dans la voilure ne faisait plus aucun mouvement; il était dur et froid comme du marbre. La mort s'était emparée de lui.
Source : Gallica

Portrait de Adrien Bourgogne Adrien Bourgogne Mémoires sur la campagne de Russie en 1812 (1856)

Le moment où nous quittâmes le champ de bataille fut terrible et triste, car lorsque nos pauvres blessés virent que nous les abandonnions au milieu d'un champ de morts et entourés d'ennemis ; ceux dupremier voltigeur surtout, dont une partie avait les jambes brisées par la mitraille ; nous en vimes plusieurs se traînant péniblement sur leurs genoux, rougissant la neige de leur sang, ils levaient les mains au ciel en jetant des cris qui nous déchiraient le cœur, pour implorer notre secours, mais que pouvions nous faire ?
Source : Gallica

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