Émile Verhaeren,
Les Villes tentaculaires, précédées des Campagnes hallucinées
“ Sur la matière carnassière, Qu’ils y laissent, à tout moment, Des empreintes de rage et des gouttes de sang. ”
Émile Verhaeren,
Les Villes tentaculaires, précédées des Campagnes hallucinées
“ Sur la matière carnassière, Qu’ils y laissent, à tout moment, Des empreintes de rage et des gouttes de sang. ”
Henry Crosnier de Varigny,
Histoire et moeurs des animaux…
(1904)
“ Ces carnassiers éteints sont désignés sous le nom de CRÉODONTES et considérés comme un sous-ordre à part, qui a pu donner naissance d'une part aux CARNIVORES terrestres, de l'autre aux PINNIPÈDES ou Carnivores marins (Phoques et Otaries) . Les Créodontes avaient toutes leurs arrière-molaires conformées en forme de carnassière; c'est ainsi que le genre Hyœnodon, par exemple, avait jusqu'à trois paires de carnassières. Ces carnassiers primitifs étaient plantigrades, pourvus d'une longue queue et avaient souvent des habitudes aquatiques analogues à celles de la Loutre. ”
Comtesse de Ségur,
Mémoires d’un âne
(1860)
“ Le lendemain devait avoir lieu, comme je l’ai dit, l’ouverture de la chasse. Pierre et Henri furent prêts avant tout le monde ; c’était leur début ; ils avaient leurs fusils en bandoulière, leur carnassière passée sur l’épaule ; leurs yeux brillaient de bonheur ; ils avaient pris un air fier et batailleur qui semblait dire que tout le gibier du pays devait tomber sous leurs coups. Je les suivais de loin, et je vis les préparatifs de la chasse. « Pierre, dit Henri d’un air délibéré, quand nos carnassières seront pleines, où mettrons-nous le gibier que nous tuerons ? — C’est précisément à quoi je pensais, répondit Pierre ; ”
Antonin Bossu, Lois et mystères des fonctions de reproduction considérées dans tous les êtres animés… (1895)
“ Carnassiers. — Mammifères qui, comme leur nom l'indique, se nourrissent'd'autres animaux ou de chairs vivantes. Quatre membres onguiculés propres à la locomotion ordinaire ; trois sortes de dents : à chaque mâchoire trois paires d'incisives, une paire de canines et un nombre variable de molaires, de carnassières et d'arrière-molaires. — Cerveau pourvu, dans tous, de circonvolutions à la surface des hémisphères. De tous les quadrupèdes, les Carnassiers sont les mieux armés : leurs fortes canines et leurs griffes acérées et souvent rétractiles les rendent redoutables à toute la création ”
Raphaël Blanchard,
Éléments de zoologie
(1885)
“ Lorsque les mâchoires se ferment, les dents carnassières ne se rejoignent pas, mais glissent l'une contre l'autre, comme les deux lames d'une paire de ciseaux. Elles coupent et déchirent ainsi là chair de la proie. Beaucoup de Carnivores sont grands et forts; tous ont des mouvements aisés et prompts, et sont doués de facultés intel-. ”
Alexandre Dumas,
Le Capitaine Pamphile
“ Il faut avoir vu la plaine Saint-Denis un jour d'ouverture, pour se faire une idée du spectacle insensé qu'elle présente. Pas une alouette, pas un moineau franc ne passe, qu'il ne soit salué d'un millier de coups de fusil. S'il tombe, trente carnassières s'ouvrent, trente chasseurs se disputent, trente chiens se mordent; s'il continue son chemin, tous les yeux sont fixés sur lui; s'il se pose, tout le monde court; s'il se relève, tout le monde tire. ”
Antoine Richard, De la conformation du cheval, suivant les lois de la physiologie et de la mécanique…
“ Une dent canine, aiguë, arrondie, plus ou moins allongée ou recourbée, une molaire à lobes tranchants, des griffes, étudiées ensemble ou séparément, indiquent toujours un carnassier d'une taille à peu près déterminée par le volume de ces organes, d'une conformation commune à cette espèce d'animaux dont les mœurs sont plus ou moins féroces. On peut aussi juger du genre de pays qu'elle est forcée d'habiter par sa nature. Sans ces attributs, propres à l'individu se nourrissant de proie morte ou vivante, il n'est point de carnivore possible, comme sans armes il n'est point d'armée. ”
Henry Carnoy,
Les légendes de France
(1885)
“ « Les païens sont nombreux comme les feuilles de la forêt, et nos Francs sont bien peu. Sonnez de votre cor, Roland! Charles l'entendra et ramènera son armée ! — Je serais bien fou, répond Roland. J'en perdrais ma gloire au beau pays de France. Non! je frapperai de grands coups avec ma Durandal, et la lame en sera rougie jusqu'à l'or du pommeau. — Où serait, Roland, le déshonneur? je les ai vus; les vallées en sont couvertes, avec les montagnes, et les clairières, et les grandes plaines! — Hé ! tant mieux ! La bataille en sera plus belle! » Les Sarrasins sont tout près; les voici. ”
Henry Carnoy,
Les légendes de France
(1885)
“ Près de lui il avait planté le peuplier touffu. Le fils de la veuve s'endormit. Lors le corbeau noir descendit en tournoyant. « J'ai faim! j'ai faim! j'ai faim!. Puisque tu n'as rien à me donner, je vais te crever les yeux, tes beaux yeux bleus comme ceux des anges, et je me nourrirai de ta chair! » Mais avant que l'horrible oiseau pût accomplir sa menace, la prairie se replia ainsi qu'un livre ouvert qui se referme, et abrita, sous son tapis de primevères et de marguerites, le sommeil du héros. ”
Henry Carnoy,
Les légendes de France
(1885)
“ Les clairons sonnent la marche ; les Français tournent bride vers l'Espagne; ils vont, ils courent, ils volent comme l'ouragan. « Roland! Roland! courage! Nous voici! » Tels sont les cris qui maintenant s'élèvent de l'armée de Charles. Hélas! il est trop tard! A Roncevaux, ils ne sont plus que trente. « Frère Olivier, dit Roland, je mourrai avec vous.» Et Durandal tournoie toujours; à chaque coup, elle abat dix païens. « Frappez, Français! Que la douce France n'ait pas à rougir de nous! dit le paladin. Quand Charles viendra et qu'il verra comment nous sommes morts, il nous bénira. » ”
Henry Carnoy,
Les légendes de France
(1885)
“ Je redeviendrai poulain et vous irez me vendre au plus offrant. Ne vous inquiétez de rien, et que ma mère nous prépare pour notre retour un souper de roi. Voici de l'or et de l'argent pour y pourvoir. » Et ce disant, il vida ses poches sur la table. Jamais les braves gens n'avaient entrevu tant de richesses réunies, aussi ne pouvaient-ils en croire leurs yeux. « Ce n'est pas à tort qu'on t'a nommé Jean le Chanceux! s'écria joyeusement le vieux sabotier. — Laissez faire, mon père, je vous en ferai voir encore d'autres! » Là-dessus, chacun s'en fut se coucher. ”
Eugène Guitton, Nouvelle classification zoologique basée sur les appareils et les fonctions de la reproduction (1854)
“ Leur masse cérébrale, beaucoup plus développée que chez les autres Carnassiers, est sillonnée de circonvolutions plus nombreuses, plus épaisses, plus profondes et plus régulières; aussi leurs facultés réllectives sont-elles plus élevées et susceptibles d'une certaine éducation. A un corps trapu, terminé par une queue très-courte, s'ajoutent des membres épais, terminés par des doigts que prolongent des ongles longs, forts et moins comprimés que chez les autres Carnassiers. Ces animaux habitent toutes les parties du globe l'Afrique exceptée. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ C’est l’ensemble des charnons qui forme la charnière. Il y a aussi des charnons en serrurerie. ☞ CHARNU, UE. adj. Plein de chair, bien en chair, carnosus, carnulentus. Corps charnu. Perdrix charnue. Cette poularde a l’estomac bien charnu. ☞ On le dit non-seulement des hommes & des animaux, mais encore des fruits, à la pulpe desquels on donne le nom de chair. Fruit charnu. Pulposus. Ces pruneaux sont bien charnus. Charnu. Terme de Botanique. Une plante charnue, est une plante dont la racine est grosse & d’une substance moëlleuse, d’où il sort peu de fibres qui l’attachent à la terre ”
Paul-Antoine Cap, Le Muséum d'histoire naturelle… (1854)
“ Nous verrons cependant qu'individuellement les Carnassiers sont susceptibles d'être apprivoisés. Ils ont assez de véritable intelligence pour apprécier les soins qu'on leur donne, et assez de docilité pour subir le joug d'un maître. Il n'est aucun de ces animaux, si farouches et si redoutables, que la main de l'homme ne soit parvenu à dompter. Quelques-uns, tels que le Chat et le Chien, sont devenus nos serviteurs fidèles et presque nos amis. Les Loutres et les Phoques pourraient être dressés à la pêche ”
Commandant Peyre, Discours prononcé sur la tombe de Carnot par le commandant du génie Peyre… (1888)
“ Carnot fut le sauveur du pays, car il sut seul communiquer à ces armées de la République, le sentiment de leur force, les lancer sur le chemin du triomphe, tracer les plans de campagne, enfin organiser la victoire, suivant une expression du temps. Carnot n'était point seulement un grand capitaine, c'était encore un vaillant soldat. A Watti- gnies, par exemple, il s'élance, un fusil à la main, à la tête d'une colonne, culbute les Autrichiens et s'empare de la position. Après la victoire, il re- vient prendre modestement, au sein du comité militaire, la direction de ses immenses travaux. ”
Henry Carnoy,
Les légendes de France
(1885)
“ Le paladin se couche; d'une main il tient son olifant, de l'autre sa Durandal. Il tourne le visage vers l'ennemi et pousse un soupir : « Charles! France! Aude!. adieu!» murmuret-il, et il meurt. Voici Charlemagne et les siens. « Où es-tu, Roland? crie l'empereur. Où êtesvous, vaillants pairs de France la belle?. » Ils sont morts, les braves guerriers! Et Charles arrache sa longue barbe blanche et pleure. « Allez, mes fidèles ! dit l'empereur. Et apportezmoi l'épée de mon vaillant neveu ! » Gauvain s'épuise en efforts; Roland mort ne veut point laisser Durandal. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ La Carniole est dans les Alpes Carniques ou Carniennes. Elle ne laisse pas d’être assez fertile en grains, en vin & en huile. La Carniole a dépendu des Ducs de Bavière, elle passa ensuite aux Marquis de Craimbourg ; leur famille s’étant éteinte, les états du pays le donnèrent dans le XVe siècle à Frédéric le belliqueux, Duc d’Autriche, & elle fut érigée en Duché par Frédéric II. La Capitale de la Carniole est Laubach. La Carniole se divise en haute, basse & moyenne. La haute Carniole est la partie occidentale ”
Henry Carnoy,
Les légendes de France
(1885)
“ « Aurais-je donc rêvé ? » se demanda anxieusement le sabotier. Il ouvrit la fenêtre et il aperçut le beau poulain tondant la verte pelouse toute diamantée de rosée qui séparait la cabane de la forêt. « Allons, allons, mon père, lui cria Jean le Chanceux, hâtez-vous de déjeuner, nous n'avons pas de temps à perdre. » Quand le bonhomme eut pris son repas, il s'empressa de rejoindre son fils, qui lui dit : « Ne vous gênez pas, mon cher père, sautez-moi sur le dos et ne vous inquiétez de rien ! » ”
Henry Carnoy,
Les légendes de France
(1885)
“ « Quelle arme choisis-tu? demanda le Démon. — Comme nous sommes tous deux vilains, et qu'il n'est parmi nos ancêtres ni chevaliers ni barons, nous nous battrons armés d'un vulgaire gourdin. J'aperçois justement ce qu'il nous faut. Tu vois cette canne de néflier et cette longue perche de chêne; choisis. » Sans se le faire dire deux fois, le Diable saisit la branche de chêne, tandis que le saint s'armait du court, mais solide bâton de néflier. « Allons ! » cria saint Martin. ”
Henry Carnoy,
Littérature orale de la Picardie
“ « Amis, dit-il, l’aurore va bientôt paraître et il nous faut songer à regagner nos demeures. Sans cette gentille herminette, qui a pris soin de nous avertir, nous courions le risque d’être ici surpris par le jour. Mais avant de quitter cette forêt, il nous faut récompenser ce brave ménétrier, qui a bien voulu nous faire passer ici une nuit si agréable. Je sais que c’est un pauvre homme et que quelques pièces d’or dans son escarcelle ne sauraient lui nuire. Donnons-lui donc tout ce que nous avons sur nous. — Oui ! oui ! c’est cela ! » crièrent les lutins. ”
Raoul de Navery,
Les naufrageurs
(1879)
“ Pierre Carnak avait vingt-cinq ans. Il était de taille haute, bien prise, sa tête était belle de traits, et on ne pouvait lui reprocher que son expression de hardiesse téméraire. L'œil noir et profond s'emplissait d'éclairs. Sa bouche semblait faite pour crier des ordres; la voix de Carnak pouvait dominer jusqu'aux grondements de la foudre. Il n'avait jamais su ce que c'était que la pitié, et le premier sentiment humain qui traversa son âme fut l'entraînement qu'il ressentit pour la Mouette. Sa mère, la Poulpiquette, était simplement pour Carnak une aide utile, une complice muette. ”
Le secret de Cornaro ou Le moyen de vivre longtemps sain de corps et d'esprit… (1882)
“ De tous les animaux ceux « qui font le plus d'os et de chair » et sont les plus forts, sont précisément ceux qui ne se nourrissent jamais de chair. Tout le travail du monde est fait par les herbivores, les chevaux, les bœufs, les éléphants, les chameaux. On ne s'adresse jamais aux carnassiers qui manquent de force et surtout de fond, cette qualité si importante pour le travail que les Anglais désignent sous le nom de Stay. Les carnassiers ne possèdent qu'une seule qualité, c'est la férocité. ”
Paulin Teulières, Histoire naturelle (1850)
“ Les dents s'altèrent dans leur nombre et dans leur forme. Chaque mâchoire porte six incisives, tandis que le Primate n'en a que quatre les canines sont grandes et les molaires sont plus ou moins aiguisées ou plus ou moins hérissées de pointes, selon que le Carnassier se nourrit de chair ou bien d'insectes. Quand le Carnassier se nourrit de chair, on l'appelle carnivore; quand il se nourrit d'insectes, on l'appelle insectivore. ”
Gustave Salicis, Contes de bêtes, par G. Salicis (1880)
“ Ce rectangle avait bien deux lieues dans le sens de la marche et une lieue au moins dans le sens transversal ; ce qui, en supposant les grosses bêtes compensées par les petites, et chacune occupant un mètre carré, laisse supposer un nombre d'animaux supérieur à six millions ! Les grands carnassiers se développèrent en tète, en queue et sur les ailes comme cadre défensif, tandis que l'importance des voyageurs allait en diminuant des bords vers le centre, qui devint le poste des plus désarmés. ”
Henry Carnoy,
Les légendes de France
(1885)
“ Est-ce d'un bâton qu'il faut se servir contre les mécréants? Que ne tirezvous donc votre épée, Hauteclaire la vaillante? — Je n'en ai pas le temps! répond Olivier. J'ai trop à frapper! » Et les pairs ne sont pas en retard. « Bravo! » leur crie l'archevêque Turpin tout en faisant tournoyer sa masse d'armes. Les Sarrasins tombent par dix; ils tombent par cent; ils tombent par mille. Mais pour un de mort, vingt le remplacent, et les Français perdent les meilleurs d'entre leurs guerriers. Ils ne reverront plus leur mère, ni leurs filles, ni l'empereur, ni le doux pays de France! ”
Étienne de Lacépède, Oeuvres du comte de Lacépède,.… (1826-1833)
“ CARANX SANSUN. Vingt-deux rayons à la seconde nageoire du os ; seize à celle de anus ; les carènes latés de la queue très-relevées ; la couleur générale argentée, éclatant, et sans taches ; un seul aiguillon isole entre les deux nageoires du dos. 20. LE CARANX KORAB. Vingt rayons à la seconde nageoire dorsale ; B. sept à celle de l'anus ; la couleur génée argentée ; le dos bleuâtre ; un seul aiguillon aiguillon entre les deux nageoires du dos. LE CARANX TRACHURE. (1) Scomber trachurus, Linn. ; Caranx trachurus, Lac. Cuv. (2) . LES caranx sont très-voisins des scombre ”
Pol Nicard, Ostéographie, ou Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des mammifères récents et fossiles pour servir de base à la zoologie et à la géologie… (1839-1864)
“ Les petites espèces de Carnassiers, comme les Blaireaux, et surtout les Martes, les Fouines, les Belettes, les Putois et les Hermines, ayant pu échapper à l'action de l'homme par la facilité qu'ils ont de se cacher et de trouver aisément leur principale condition d'existence, étaient sans doute réparties à peu près comme elles l'ont toujours été. Mais il n'en est pas de même des grands Carnassiers des genres Felis, Canis et Hyœna. ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago
“ Vous vous rappelez sans doute les vifs débats que Carnot eut à soutenir, dès son entrée dans la carrière militaire, avec les chefs de l’arme à laquelle il appartenait. Un caractère droit et inflexible lui faisait déjà repousser le joug pesant de l’esprit de corps. L’âge mûr ne démentit pas un si honorable début. Carnot trouva aussi dans sa raison élevée le secret de se soustraire aux préoccupations, quelquefois passablement burlesques, des hommes trop exclusivement livrés à une spécialité. Les officiers du génie eux-mêmes n’ont pas toujours échappé à de semblables travers. ”
Aurélien Scholl,
L'orgie parisienne
(1883)
“ On a vu des colibris arriver à de petites positions, chanceliers de consulat, vice-consuls au besoin, selon les services qu'ils ont pu rendre à des députés amoureux de réclames. Le carnassier est une espèce nomade qui appartient à tous les camps. Il porte sa voracité de journal en journal. Il a la spécialité des Portraits. Portraits d'hommes politiques, de romanciers, de littérateurs. Il vous prend un homme célèbre, considéré, et n'en laisse pas une miette. Il est à la fois hyène et fouine. Dans sa cervelle se consomment d'épouvantables incestes de principes. ”
