Gustave Salicis

Résumé

Gustave Salicis Contes de bêtes, par G. Salicis (1880)

La lionne demeura d'abord surprise à cette voix tombant des nuages, et le jeu de sa queue s'arrêta ; mais dès le quatrième mot elle releva la tête, et après le dernier, se tournant noblement vers l'orateur, elle lui dit d'un ton où la majesté s'unissait à la bienveillance :
—Qui es-tu, toi que je n'ai jamais vu dans mon royaume et qui parles si bien ?
— O Reine ! tes yeux sont des étoiles qui font pâlir le firmament.
—Tant pis pour lui, répondit-elle avec grâce : mais, jeune étranger qui parles si bien,
descends de là-haut sans crainte et viens près de moi.
Source : Gallica

Gustave Salicis Contes de bêtes, par G. Salicis (1880)

Le coeur compatissant de l'oiseau tressaillit à l'aspect du danger qui menaçait, je ne dirai pas son semblable, mais un être vivant, ayant peut-être aussi une petite famille, sentant d'ailleurs comme la colombe et souffrant beaucoup à cette heure. Vite, elle saisit du bec une longue paille, la tend à la fourmi comme l'on fait d'une perche à une personne qui se noie; d'instinct la moribonde s'y cramponne, y trouve un pont de salut, et Colombine, cette fois tressaillant d'aise, dépose doucement le pont et la sauvée sur le sable ferme du bord.
Source : Gallica

Gustave Salicis Contes de bêtes, par G. Salicis (1880)

Un point noir apparut d'abord dans le bleu pur du ciel, c'était monseigneur du Papagai. Son vol faisait siffler l'air, et peu de temps après l'arrivée des levriers il se posa sur un jujubier à l'entrée de la caverne.
L'ami Saltogrimas suivait d'assez loin en galopant comme un bateau qui tangue, à cause de la grande inégalité entre ses jambes de devant et celles de derrière; ayant avisé son ami sur le jujubier, il y grimpa lestement et, s'accroupissant sur une haute branche, la queue enroulée autour, il se mit à regarder de tous côtés en clignotant rapidement de ses paupières blanches.
Source : Gallica

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