Adrien Bourgogne,
Mémoires du sergent Bourgogne
“ Pour ne pas tomber, je m’appuie sur mon fusil. Je m’aperçois, bientôt que je suis au milieu de plus de deux cents cadavres à peine recouverts de neige. Pendant que j’avance en trébuchant, appuyé sur mon fusil, et que mes pieds s’enfoncent et sont quelquefois tenus entre les jambes et les bras de ceux sur lesquels je marche, et qui semblent arrangés avec symétrie, afin de faire place à d’autres, des chants lugubres se font entendre. Il me semble que c’est l’office des morts. Les paroles de Beloque me reviennent à la mémoire ; une sueur me prend, je ne sais plus ce que je fais, ni où je vais. ”
