Jean Des Érables, La Guerre de Russie
“ Je finis cependant par m’endormir, pour m’éveiller une heure après, transi de froid et en proie à une faim atroce. À la lueur vacillante d’une petite lampe fumeuse, je vis un soldat d’infanterie, couché en face de moi, mangeant avec mille précautions, en gourmet égoïste qui craint d’être sur pris, une grosse tranche de lard étendue sur un énorme morceau de pain. L’eau me vint à la bouche, et j’eus comme un éblouissement. Me levant vivement, et mettant quelques pièces de monnaie sur ma main étendue, je m’approchai de l’homme aux provisions. ”
