Résumé

Philippe de Ségur Histoire de Napoléon et de la grande armée…

Bientôt l'Europe ne suffirait plus: il faudrait l'Asie
Plusieurs, parmi nos alliés sur-tout, osèrent penser qu'on perdrait moins à une défaite qu'à une victoire; un revers dégoûterait peut-être l'empereur de la guerre; du moins la mettrait-il plus à notre portée.
Les généraux les plus rapprochés de Napoléon s'étonnaient de sa confiance. «N'était-il pas déjà comme sorti de l'Europe; et si l'Europe se soulevait contre lui, il n'aurait donc plus que ses soldats pour sujets, que son camp pour empire; encore le tiers en étant étranger, lui deviendrait ennemi.» Ainsi parlèrent Murat et Berthier.
Source : Gutenberg

Philippe de Ségur Histoire de Napoléon et de la grande armée… (1824)

Les morts prouvaient le courage des vaincus plutôt que la victoire. Si le reste se retirait en si bon ordre, fier, et si peu découragé, qu'importait le gain d'un champ de bataille. Dans de si vastes contrées, la terre manquerait-elle jamais aux Russes pour se battre?
Pour nous, nous n'en avions déjà que trop, et bien plus que nous ne pouvions en garder. Était-ce donc la conquérir ! L'étroit et long sillon que nous tracions si péniblement depuis Kowno, à travers des sables et des cendres, ne se refermerait-il pas derrière nous, comme celui d'un vaisseau sur une vaste mer!
Source : Gallica

Philippe de Ségur Histoire de Napoléon et de la grande armée… (1824)

Dès lors, à Vitepsk c'est l'ennui, c'est toute la dépense, ce sont tous les inconvénients, toutes les inquiétudes d'une position défensive qu'il considère ; à Moscou, c'est la paix, l'abondance, les frais de la guerre, et une gloire immortelle. Il se persuade qu'il n'y a plus pour lui de prudence que dans l'audace; qu'il en est de toutes les entreprises hasardeuses, comme des fautes qu'on risque toujours à commencer et qu'on gagne souvent à achever; que moins elles ont d'excuses, plus il leur faut de succès.
Source : Gallica

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