Alfred Assollant,
1812. Campagne de Russie
(1866)
“ L'hiver approchait. Il fallait se décider. Allait-on bivaquer à Moscou? Daru, intendant général de l'armée, le conseillait, se faisant fort de trouver des vivres pour six mois. — « C'est un conseil de lion, » dit l'Empereur; mais ni lui ni ses généraux ne pouvaient perdre Paris de vue. Rester à Moscou, c'était se condamner à ne pas revoir la France avant un an au moins. Personne n'en avait le courage. Braver les boulets, les baïonnettes, les balles et la mitraille, c'était chose facile, mais braver l'ennui d'un hiver de huit mois était au-dessus des forces de tous. ”
