Anna de Noailles,
Le Livre de ma vie — Adolescence
“ Mademoiselle Pierre avait, par le délire heureux, habité les régions irréelles de l’omnipotence, où se célèbrent des mésalliances qui ne rencontrent aucun obstacle. Ainsi, la délicatesse et la pureté de notre adolescence avaient connu l’aventure exceptionnelle de la cohabitation avec un organisme chaviré ! Mais la prime jeunesse, même touchée par la maladie comme l’avait été celle de ma sœur, et comme l’était la mienne, est si puissante, qu’elle tire profit de ce qui devrait lui être nuisible. ”
