Résumé

Portrait de Anna de Noailles Anna de Noailles Le Livre de ma vie — Adolescence

Mademoiselle Pierre avait, par le délire heureux, habité les régions irréelles de l’omnipotence, où se célèbrent des mésalliances qui ne rencontrent aucun obstacle. Ainsi, la délicatesse et la pureté de notre adolescence avaient connu l’aventure exceptionnelle de la cohabitation avec un organisme chaviré ! Mais la prime jeunesse, même touchée par la maladie comme l’avait été celle de ma sœur, et comme l’était la mienne, est si puissante, qu’elle tire profit de ce qui devrait lui être nuisible.
Source : Wikisource

Portrait de Anna de Noailles Anna de Noailles Le Livre de ma vie — Adolescence

Mélancolique depuis plusieurs semaines, dans cet hôtel, dont les larges fenêtres laissaient voir un paysage brillant, composé de prairies onduleuses et des flots du gave bruissant, que souvent le soleil d’onze heures rendait exaltants, je m’étais patiemment ennuyée, non faiblement, mais avec une puissante rêverie. À personne je n’avais pu confier ma tristesse, que mademoiselle Ehmsen, quand elle en remarquait la présence, croyait chasser d’un baiser furtif, accompagné de quelques axiomes stoïques et chrétiens, à l’usage de la jeunesse.
Source : Wikisource

Portrait de Anna de Noailles Anna de Noailles Le Livre de ma vie — Adolescence

Intrépide par l’imagination, je m’alliais à tout ce qui est prospère, vivace, triomphant. Je me sentais habitante privilégiée de l’espace. L’univers était mon domaine, je ne songeais pas à lui reprocher d’être fortuit, éphémère, mortel. La métaphysique vaine et désespérée, qui, par la suite, devait m’envahir et m’apitoyer sur le sort de toute créature comme sur le mien, ne frôlait pas ma pensée, aussi fermement nouée aux apparences que le fruit l’est à la branche.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature