Résumé

René Lote Le génie à l'école de la douleur (1932)

De fait, certains génies, en art et même en science, ont étonné leur temps par une précocité merveilleuse : on cite un Raphaël, un Pascal physicien, un Mozart. Ici l'apprentissage scolaire semble n'avoir servi qu'à l'épanouissement des qualités natives. Mais sont-ils vraiment les grands créateurs, au même titre qu'un Rembrandt, qu'un Galilée, qu'un Beethoven — qui ont transfiguré la technique elle-même, et jusqu'aux principes généraux de la Science ou de l'Art — au prix d'une longue expérience en face de la Nature, et d'une lutte souvent douloureuse avec les préjugés de leur milieu?
Source : Gallica

René Lote Le génie à l'école de la douleur (1932)

Mais l'insatiable génie de ce savant obscur, au bout de ses recherches pressantes, a fini par atteindre le domaine dangereux de l'Astronomie — qui semble tellement au-dessus des mesquineries terrestres, mais où l'Eglise raccrochait désespérément sa conception religieuse d'une Terre et d'une Humanité « centres du monde ». Toucher de nouveau, après Copernic, à la cosmogonie flatteuse d'Aristote, faire tourner la Terre autour du Soleil comme un satellite minuscule, n'est-ce pas déposséder la chrétienté de son rôle éminent, de son immobilité intangible, parmi les astres errants du Ciel matériel?
Source : Gallica

René Lote Le génie à l'école de la douleur (1932)

Préférer à ces grandeurs en baudruche le génie sincère qui avoue franchement ses faiblesses humaines, mais pour les surmonter et par là se grandir.
Faire passer l'esprit de Science, même en Littérature, avant les vagues rêveries ou les plaisirs d'esthète. Répéter que lui seul donne aux œuvres de l'esprit, quelles qu'elles soient, un fond de vérité, la puissance du réel, et le sens de la vraie Beauté — avec un peu de sagesse, dont notre pauvre humanité a tant besoin.
Source : Gallica

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