Résumé

V. Cousin Les femmes illustres du dix-septième siècle

Quoi ! la femme qui, grace à Dieu, n’a pas de cause publique à défendre, s’élance sur la place publique, et sa pudeur ne se révolte point à l’idée de découvrir à tous les yeux, de mettre en vente au plus offrant, d’exposer à l’examen et comme à la marque du libraire, du lecteur et du journaliste, ses beautés les plus secrètes, ses charmes les plus mystérieux et les plus touchans, son ame, ses sentimens, ses souffrances, ses luttes intérieures !
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V. Cousin Les femmes illustres du dix-septième siècle

Le poète est un être sacré ; et quand, dans ce délire qu’on appelle l’inspiration, égaré et hors de lui-même, il se montre nu à la foule, c’est un corps transfiguré qu’il expose à la vue, et les saintes bandelettes ne le quittent jamais aux yeux de ses vrais adorateurs. Mais la prose est une Muse sobre ; elle sait ce qu’elle fait, et elle en est responsable. Quand donc une femme écrit en prose, elle est de sang-froid et si elle parle d’elle-même, selon moi, elle fait une faute.
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V. Cousin Les femmes illustres du dix-septième siècle

Lorsque, par le concours de causes différentes, un siècle est une fois monté au ton de la grandeur, l’esprit dominant pénètre partout : des hommes peu à peu il arrive jusqu’aux femmes, et, dès que celles-ci en sont touchées, elles le réfléchissent avec force, et le répandent par toutes les voies dont elles disposent, incomparables, dans leur vive nature, pour exprimer et propager les qualités à la mode, sérieuses ou futiles, vertueuses ou dépravées, mais jamais rien à demi, et toujours extrêmes en bien ou en mal, selon le vent qui souffle autour d’elles.
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