Résumé

Fernand Bérard Visions de guerre : poèmes couronnés par la Société havraise d'études diverses… (1921)

Le Monde a tressailli d'une sainte allégresse : L'Angelus de la Paix, le divin Angélus, S'élance dans les airs, et, doucement, caresse Les brises du matin., Te Deum, laudamus !.
Depuis quatre ans, la Mort planait sur les décombres, Et de hideux corbeaux tournoyaient dans les ombres D'un sinistre charnier. Chaque jour, le soleil, Tragique, se levait à l'horizon vermeil, Non plus pour éclairer les paisibles campagnes, Le feuillage des bois, la neige des montagnes, Mais des champs de bataille, où les cris déchirants Des blessés se mêlaient aux râles des mourants.
Source : Gallica

Fernand Bérard Visions de guerre : poèmes couronnés par la Société havraise d'études diverses… (1921)

Hélas ! il vint un jour, où des nuages sombres Parurent au ciel bleu. Sur la terre, des ombres, Ainsi qu'un froid suaire au dessus d'un cercueil, Etendirent, soudain, de longs voiles de deuil.
De déchirants appels, des sanglots, et des larmes, Se mêlèrent, bientôt, au froissement des armes.
Une guerre nouvelle, une terrible guerre, Plus atroce, cent fois, que celles de naguère, Un choc épouvantable, un frisson de terreur, S'abattit sur le Monde, et répandit l'Horreur.
Source : Gallica

Fernand Bérard Visions de guerre : poèmes couronnés par la Société havraise d'études diverses… (1921)

Les morts sont vengés ! La victoire, Qu'ils forgèrent, sur Eux, pose un dôme de Gloire : Et, dans le Temple saint; où l'on parle de Dieu, Si vous allez leur dire un éternel adieu, Leur âme, avec l'encens, vous étreint, vous pénètre, Elle se fond en vous, s'empare de votre être ; Et, mystère de Foi, d'Espérance ou d'Amour, A la nuit, rayonnant l'aurore d'un beau jour, Elle accroche, au sommet de la voûte de pierre, Le radieux Flambeau, l'ineffable Lumière, Qui réchauffe, console, et donne, au Souvenir, Sa forme la plus pure : admirer, et bénir !.
Source : Gallica

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