Résumé

Le Caméléon (1863)

La nature quitta son manteau de neiges et de glaces qui transformaient les plaines de la France en steppes immenses, pour revêtir sa verte parure des champs. Elle sortit comme sort un papillon de sa chrysalide, rayonnante sous le soleil du printemps. La terre n'avait pas dévié dans sa marche.
Le Caméléon, qui, à cette époque, était blanc comme la neige qui se déroulait sous ses yeux, fit un serment qu'il appela « serment d'Annibal, » et d'autres, plus sensés peut-être, « serment d'animal. »
Source : Gallica

Le Caméléon (1863)

Si notre vie coulait doucement, comme un fleuve sans tempêtes, au milieu d'une vallée sans larmes; si toujours les mêmes zéphyrs venaient nous caresser de leur tiède baleine, les mêmes parfums nous enivrer de leurs fades douceurs., nous serions dans un état constant de spasme, et, cédant aux effets de cette nature soporative, nous serions plongés dans le sommeil léthargique du Chinois qui vient de fumer de l'opium. Oui, le péché originel ne peut être détruit sans que nous le soyons avec lui, et l'amour platonique est un contre-sens qu'on ne peut pardonner qu'à un philosophe païen.
Source : Gallica

Le Caméléon (1863)

Or, je te le demande, une femme qui aime peut-elle avoir au fond de son cœur un repli secret où elle cache les pensées qu'elle ne veut pas laisser pénétrer à son amant? Non. Elle ne lui -cache rien, elle lui dévoile tout, jusqu'à ses défauts, avec une naïveté adorable. Elle lui parle sans détours, sans refroidir ses phrases des glaces de la circonlocution, sans les assaisonner de mots choisis, d'expressions gréco-françaises; elle lui parle, en un mot comme en mille, le langage de la passion, ce langage que dut bégayer Adam à notre première mère en savourant avec elle le fruit défendu.
Source : Gallica

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