Résumé

Edgar Bèhne Petit frère et petite soeur : conte raisonnable… (1885)

Le bruit de la chasse n'arriva plus aux oreilles de Petite sœur.
Il ne veut pas que les chasseurs m'effrayent, ni qu'ils fassent du mal à mon chevreuil, pensa-t-elle. Mais lui, pourquoi ne vient-il pas?
C'est qu'il est un grand seigneur et que je ne suis qu'une pauvre fille, se dit-elle en soupirant.
De grosses larmes roulèrent dans ses yeux.
L'automne arriva : les feuilles jaunirent et tombèrent.
L'hiver arriva : la terre se couvrit de neige.
Jamais la solitude n'avait paru aussi triste à Rose.
Source : Gallica

Edgar Bèhne Petit frère et petite soeur : conte raisonnable… (1885)

Pauvre Petit frère ! pauvre Petite sœur !
Leur père est mort, leur mère vient de mourir.
Il n'y a plus personne pour prendre soin d'eux, pour les caresser, pour les aimer.
Ils demeurent chez la méchante mère Mauduite.
Sa fille est aussi méchante qu'elle.
Ces deux mégères ne s'occupent guère des orphelins.
Pierre et Rose ont souvent faim et soif.
S'ils pleurent, ils sont battus; s'ils crient, ils sont battus plus fort.
Le soir, quand ils s'endorment dans les bras l'un de l'autre, ils pleurent en silence et disent tout bas :
Maman, maman.
Source : Gallica

Edgar Bèhne Petit frère et petite soeur : conte raisonnable… (1885)

Petite sœur lui raconta son histoire.
Le jeune homme n'eut pas de peine à croire que son frère eût été changé en chevreuil, car la superstition était alors générale.
Au bout d'un instant, il voulut rire et plaisanter avec elle.
Mais Rose demeura sérieuse et lui dit simplement : Monseigneur, la plaisanterie n'est possible qu'entre égaux.
Je dois trop de respect à votre rang, et vous devez aussi quelques égards à ma faiblesse.
Il lui fit des compliments; elle en fut froissée.
On ne fait pas de compliments aux gens qu'on estime, dit-elle.
Les compliments ne peuvent plaire qu'aux sots.
Source : Gallica

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